HISTOIRES VECUES ETONNANTES

 

La vieille dame, Madame Mai, et les Khmers Rouges

 

Dans un camp de réfugiés des Khmers rouges, des milliers de personnes vinrent à la foi vivante en Jésus-Christ – par le témoignage d’une vieille dame presque aveugle ! 
J’ai rencontré pour la première fois Madame Mai il y a 18 ans. Je travaillais alors pour une organisation d’aide dans un camp de réfugiés, quelque part dans la région frontalière entre la  Thaïlande et le Cambodge. Dans notre camp, il n’y avait pas de Khmers ayant plus de 60 ans en dehors des moines bouddhistes (les Khmers, c’est ainsi que se nommait le plus grand groupe ethnique du Cambodge).
Sachez que dans notre camp séjournaient presque uniquement des Khmers rouges. Ils faisaient partie du groupe communiste qui, en 1975, s’empara du pouvoir au Cambodge.  L’une des plus épouvantables dictatures de la terreur du siècle passé commença à ce moment-là. Environ trois millions de personnes, avant tout beaucoup de personnes âgées et de gens faibles, moururent sous ce cruel régime mené par Pol Pot.
Avec le changement de pouvoir eut lieu aussi une « épuration religieuse » du pays.  Pour les Khmers rouges, la seule religion acceptée était l’observation absolue de leurs lois. Au bout de trois années terribles, ils furent chassés du Cambodge ; une invasion de troupes vietnamiennes submergea le pays.  La plupart des Khmers rouges purent cependant fuir et  demandèrent à s’abriter dans les camps de réfugiés.

Au milieu de ces combats et tous ces terribles événements, une certaine Madame Mai survécut – une vieille femme, petite, faible et presque aveugle. Je crois qu’elle a survécu parce qu’elle avait été estimée trop âgée pour représenter un danger pour les autres.
Un témoin de ce groupe d’entraide humanitaire chrétien raconte :
La vie dans notre camp était dure. Nous étions régulièrement mitraillés par des unités vietnamiennes tandis que nous nous efforcions de faire l’approvisionnement en médicaments pour les réfugiés. Notre équipe avait des collaborateurs issus de dix nations, mais nous étions absolument unanimes sur un point : Tous, nous aimions Jésus-Christ et voulions le servir par notre engagement en ce lieu dangereux. Nous vivions au milieu des hostilités.  – La mort et la dévastation nous entouraient.
L’un des nombreux jours chauds et humides, Madame Mai demanda soudain à ma collègue Luchie : « Quelle est la grandeur de ton Dieu, en réalité ? «  Je me souviens de la réponse de Luchie comme si cela c’était passé hier : « Oh, Il est très grand ! »
Madame Mai, qui croyait à un mélange de doctrines bouddhistes et spiritistes, avait prié chaque dieu qu’elle connaissait – toujours en demandant de lui redonner sa vue, qui diminuait progressivement. Après avoir entendu la réponse de Luchie, elle dit : « Si ton dieu est assez grand pour guérir mes yeux, je le servirai pour le reste de ma vie. »
Je n’oublierai jamais la joie de Luchie lorsqu’elle entendit ces paroles. Elle demanda à Madame Mai de revenir le soir, puis rassembla rapidement notre équipe. Luchie nous dit que nous devrions prier pour Madame Mai, et même éventuellement lui imposer les mains plus tard.
Immédiatement, les premiers doutes me vinrent à l’esprit – Dieu va-t-Il guérir Madame Mai ? Elle est bouddhiste, ne doit-elle pas d’abord confier sa vie à Jésus ? Quelle sera la conséquence s’il ne se passe rien après que nous ayons prié ? – Finalement, j’allai tout de même trouver mes collègues et priai moi aussi avec eux pour la guérison de Madame Mai.
En voyant quelques-uns d’entre eux en larmes, et la façon dont ils « assaillaient » tout simplement Dieu avec notre demande, je sus que le Seigneur ferait un miracle.

Madame Mai fut guérie. Dieu lui redonna la vue, pas d’un moment à l’autre, mais en l’espace de quelques jours. C’est ainsi que cette vieille et faible femme devint, dans notre camp de réfugiés, une évangéliste que l’on ne pouvait plus arrêter. Elle n’avait aucune crainte et gardait une vision claire de ce qui était réellement essentiel.
Le roi David écrit dans le psaume 40 : « J’avais mis en l’Eternel mon espérance ; et il s’est incliné vers moi, il a écouté mes cris. Il m’a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue ; et il a dressé mes pieds sur le roc. Il a affermi mes pas. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une louange à notre Dieu. Beaucoup l’ont vu, et ont eu de la crainte, et ils se sont confiés en l’Eternel » (V. 1-4).
Dieu donna à Madame Mai un chant nouveau – et elle chantait merveilleusement bien. Partout dans le camp, la nouvelle relative à ce qui lui était arrivé, se répandit comme une traînée de poudre. Et, comme elle l’avait promis, elle commença à servir Dieu et à raconter à tous ce qu’Il avait  fait dans sa vie.
Dieu seul sait combien de Khmers rouges sont venus, au cours des années, à la foi en Lui par  son témoignage. Madame Mai prit note de tous ceux qui confessaient leur foi en Jésus-Christ. Et lorsque je lui demandai un jour de me montrer ses notes, je découvris plus de 3.000 noms. Chacun d’eux correspondait à une personne qui avait entendu parler de Dieu par elle et qui Lui avait par la suite confié sa vie.
J’ai vu Madame Mai pour la dernière fois, il y a 15 ans, avant de retourner au Canada. Les Khmers rouges, dans notre camp, l’avaient menacée à plusieurs reprises de la faire mourir si elle ne cessait de parler de « ce dieu étranger ». Je n’oublierai jamais l’expression de son visage lorsque je lui demandai si elle n’avait pas peur. Nous savions ce que les Khmers rouges faisaient de ceux qui ne se soumettaient pas à leurs ordres.
Madame Mai me regarda paisiblement avec ses grands yeux bruns – j’avais le sentiment qu’elle pouvait voir au travers de moi – puis elle dit : « Non, je n’ai pas peur du tout.
Pendant toute ma vie, j’ai cherché le vrai Dieu. Maintenant je l’ai trouvé, et je le suivrai partout. J’étais aveugle, mais à présent je vois. »

 

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