Menu

HISTOIRES ÉTONNANTES

Introduction:
Périodiquement nous aurons le plaisir de vous faire connaitre de merveilleux témoignages d'interventions divines dans la vie de plusieurs personnes. Ces récits percutants stimuleront votre foi et vous aideront à persévérer dans votre marche chrétienne et à grandir dans votre foi et votre confiance en Jésus-Christ, votre Sauveur et fidèle Berger.

 

Sauvé par un enfant…
(Histoire de Noël)


La fête de Noël était pour le pêcheur Johannsen toujours l’un des jours les plus difficiles de l’année. Chaque année, pour se divertir, il se rencontrait avec ses amis dans une auberge. La chaumière se trouvait en haut, sur les dunes, et de ses fenêtres, on avait vue sur la mer.  Il parvenait à se débarrasser de tous les souvenirs et de toute sentimentalité en buvant plusieurs bouteilles de vin, des grogs et de la bière. 
Depuis que ses parents étaient décédés,il n’avait plus personne qui pensait à lui à Noël ou passait pour lui apporter un cadeau. 

Il était donc assis avec ses compagnons de beuverie ; jusqu’au petit matin, ils avaient tenu le coup ensemble, bu, parlé, et entretenu toutes sortes de ressentiments.  Alors qu’il venait de se décider à marcher pendant plusieurs heures, le long de la plage, pour retourner chez lui, Peter, l’un de ses compagnons d’ivrognerie, l’invita à faire avec lui une partie du trajet en bateau. Cela l’arrangeait bien, car la plage avait beaucoup de criques qu’il aurait dû sinon parcourir à pied. Il pouvait ainsi raccourcir son parcours. Chez lui, cependant, personne ne l’attendrait, et la hutte était froide. Toujours la même solitude amère, et Noël en plus ! Là, il eut encore plus conscience du vide de son existence. 

Les larmes du souvenir        
Mais – hier, lorsqu’il était avec ses amis en train de boire, quelque chose avait été différent. Vers minuit, plusieurs jeunes filles de l’Armée du Salut étaient entrées dans la salle de l’auberge et avaient chanté des chants de Noël connus depuis longtemps. Des souvenirs d’une enfance insouciante leur étaient revenus et certains de ces hommes déjà fortement alcoolisés, s’étaient mis à pleurer. Ses yeux à lui aussi étaient devenus humides, mais il avait essuyé les larmes du revers de sa main tout en vociférant contre la fumée qui les avait irrités.
Après les chants, l’une de ces jeunes filles avait fait une petite allocution. Elle avait parlé de l’enfant venu du ciel, pour nous aider, et de l’amour de Dieu qui jette des ponts vers l’humanité. Elle avait fait mention de l’aspiration des hommes à connaître l’amour de Dieu, la nostalgie du père dans les cieux, que tout homme porte en lui. Elle avait parlé aussi des larmes secrètes qui ne peuvent être séchées qu’au moment où nous laissons le Père céleste nous prendre dans ses bras, tandis que nous acceptons son pardon.

      « Celui qui saisit l’amour de l’enfant de Noël, a trouvé le chemin de la maison, il a une patrie et la paix. Cet enfant peut sauver chacun », c’est à peu près de cette façon qu’elle l’avait formulé. Quelques hommes qui venaient encore de pleurer d’émotion, s’étaient moqués d’elle, tout en voulant la forcer à prendre un verre d’eau-de-vie – mais notre pêcheur sentait que ce qu’elle disait était vrai. Il n’avait pas de paix en son cœur, que de l’inquiétude. Même s’il ne voulait pas le reconnaître – cette jeune fille avait raison. Il repensait à cet événement pendant tout son trajet. Mais il finit par chasser les pensées comme une mouche gênante, qui volerait autour de sa tête. « Bah. Enfantillage ! Comment un enfant pourrait-il nous aider ?  Ne compte que sur toi. Pleurnicher sur ses péchés n’est pas viril, nous les hommes, sommes des durs. Je n’ai donc pas besoin d’un enfant pour m’aider. Je le repousserais et ne compterais que sur ma propre force ». 

        A ce point précis de leur trajet, les deux pêcheurs devaient déjà bien s’y connaître pour ne pas perdre leur orientation. « Davantage à gauche, Peter, autrement, nous nous éloignons de la terre », dit-il à son ami qui conduisait la barque. Ils continuèrent leur parcours en se taisant, jusqu’à ce que la quille du bateau se mette assez brusquement à crisser dans le sable. C’était sans doute l’endroit où Johannsen devait descendre. Ils étaient arrivés plus tôt qu’ils ne le pensaient. Il sauta hors du bateau, fit un petit geste en guise de salutation et de remerciement à son camarade Peter, puis marcha lourdement dans l’eau peu profonde, en direction du rivage.

Lorsqu’il eut un sol solide sous les pieds, il regarda encore une fois en direction du bateau, mais celui-ci avait déjà disparu dans l’épais brouillard. Il allongea le pas, pour arriver à sa maison isolée qui devait se trouver là devant, quelque part dans le brouillard. Il marcha et marcha. Mais que se passait-il ? Il se trouvait soudain à nouveau dans l’eau. Il n’était quand même plus ivre au point de tourner en rond sans le remarquer ? Il rebroussa son chemin. Mais après avoir fait mille pas, il fut de nouveau au même endroit, toujours dans la mer.

Perdu dans le brouillard 
Ses genoux commencèrent à trembler, un cri d’épouvante sortit de sa poitrine. Il voulut rappeler son ami Peter, mais c’était sans espoir. Son appel se perdit dans le brouillard, sans être entendu. Seules les vagues mugissaient et le léchaient. L’effroi le saisit, il savait ce que cela signifiait – et savait maintenant aussi où il était.

       Il y avait devant la plage, près de chez lui, des bancs de sable qui, pendant la marée basse, émergeait de la mer. Ils avaient pensé se trouver sur la plage, mais ils étaient en fait seulement arrivés jusqu’à l’un de ces bancs de sable. Dans l’épais brouillard, il était impossible de faire la différence avec le rivage. Il était maintenant immobilisé, et la marée arrivait. Il pouvait appeler autant qu’il le voulait, personne ne l’entendrait. Dans une demi-heure environ, le banc de sable serait recouvert par les vagues. 
Désespéré, il tomba à genoux et gémit : « O Dieu, tout, mais pas ça ! Je ne peux quand même pas déjà mourir. Il y a encore tant de choses que je dois mettre en ordre en moi … »

       Les paroles de la jeune fille de l’Armée du Salut lui revinrent à l’esprit. « Le monde était perdu, Christ est né … » Et ensuite, il entendit clairement celle-ci dire à nouveau : « Un enfant est venu du ciel, pour nous aider … » A ce moment-là, il avait éclaté de rire, d’un air moqueur. « Que pourrait encore faire maintenant l’enfant de Bethlehem, pour m’aider ? C’est valable pour un vieux dans son fauteuil, mais pour moi ?  Pieux racontars ! Et pourtant, « l’eau glacée le saisirait en quelques minutes, comme la main froide de la mort. Des voies de la mer paraissaient déjà le singer ! »

        Et maintenant, c’était comme si ses propres paroles moqueuses revenaient à lui : « Aide-toi toi-même, avec ta force, tu es quand même fort. Trouve-toi donc un pont du côté de la plage ; celle-ci ne doit pas être si loin. » Il savait combien cette pensée à elle seule était folle. Dans l’eau glacée, il ne survivrait que quelques minutes.

         Figé par le désespoir, il s’accroupit. Il réalisa soudain ce qui était en train de se passer : le banc de sable sur lequel il se tenait devenait de plus en plus restreint ; il pouvait faire de moins en moins de pas. A la fin, il ne resterait plus qu’un petit endroit sur lequel seul un fauteuil pouvait encore tout juste y trouver une petite place – et après, ce sera la mort ! Seulement maintenant, il réalisait la situation mieux que quiconque.

       Combien les hommes ferment souvent les yeux devant le cycle de plus en plus restreint de leur vie. Ils ne voient pas la marée monter.  Ils dansent, boivent, prennent la vie comme elle vient, sur le banc de sable de la mort - comme un enfant insouciant, inconscient. Et alors ? Pendant que la marée monte, les hommes luttent sur le banc de sable, les peuples luttent les uns contre les autres, et pour quoi ? Pour des coquillages sans valeur, pour avoir assez de place sur le banc de sable. Ils élisent des gouvernements, construisent des maisons comme des châteaux de sable, mais ensuite arrivent la tempête et les vagues qui emportent tout sur leur passage. »

       Une parole du temps passé traversa l’esprit de notre homme : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » Quelle parole, s’exclama-t-il ! Puis la jeune fille de l’Armée du Salut lui revint également à l’esprit.

« Ah oui, un enfant », se dit-il en éclatant de rire. « Si maintenant cet enfant me venait en aide ici, je pourrais croire en lui, mais s’il ne peut même pas me jeter un pont entre cet endroit et la plage, comment croire alors qu’il puisse jeter un pont du ciel jusqu’à moi ? » Ah, avec quelle rapidité terrible, la vie peut arriver à son terme ! Toutes ses pensées se précipitaient dans sa tête. Il se mit alors à courir comme un fou tout autour du cercle de sable qui devenait de plus en plus restreint. Il cria, appela, oui, poussa des cris perçants dans toutes les directions, comme un aliéné.

        Le vent se leva, le brouillard devint de plus en plus mince. Dans le lointain, il put reconnaître la terre, la terre ferme et salvatrice. Et cependant il savait qu’il ne vivrait plus longtemps. A l’horizon, il y avait pourtant le salut, sa maison, mais pour y nager, c’était bien trop loin. Il s’arracha la veste et la chemise du corps, et se mit à faire des signaux désespérés avec sa chemise, s’en servant comme d’un drapeau. Mais aucune réponse, aucun signe en retour.

        Il ne lui restait maintenant plus qu’une liberté de mouvement de vingt pas. L’eau glacée le saisirait en quelques minutes, comme la main froide de la mort. Des voix venant de la mer paraissaient le singer. « Pourquoi brailles-tu comme un enfant ? Tu glapis comme un chien… » « Parce que je veux vivre », était le cri qui sortait de ses entrailles. De nouveau, les paroles de la jeune fille lui revinrent à l’esprit. « Pourquoi chaque homme a-t-il besoin de cet enfant ? Parce qu’il veut vivre – vraiment vivre, pas seulement d’une manière artificielle. Chacun a besoin d’une vie basée sur un fondement, une vie qui a un but dans l’éternité de Dieu. Il avait entendu tout cela, mais à quoi cela pouvait-il lui servir à présent ?

      Maintenant, il ne pouvait plus que faire cinq pas. Il cria une nouvelle fois, en proie à un désespoir sauvage. Les veines de son front ressortaient.  Il était rempli de fureur, de rage et de crainte à la fois. Une fois de plus, il fit des signaux de sa chemise blanche. Il avait de plus en plus froid. Déjà, les premières vagues l’arrosaient. Désespéré, il tomba à genoux. C’est dans cette position-là qu’il se trouvait maintenant. Mais que voyait-il ? Un bateau ! Il mit sa main au dessus de ses yeux comme pour mieux voir. La mort se présentait-elle déjà avec une hallucination, un ignoble obscurcissement des sens ? Quelqu’un appelait pourtant ! Une voix claire d’enfant retentit dans sa direction.

       « Un enfant, effectivement un enfant – Luka Modersohn, le fils du voisin, avec son père, Hans, dans le bateau ! « Notre pêcheur se hâta vers la barque. Il n’en revenait pas.  « Hans, d’où viens-tu ? » Il tituba, puis tomba dans le bateau. Le voisin expliqua : « Mon garçon a cherché des crevettes sur la plage, et là, à l’aube, il a découvert quelque chose d’insolite, dans le lointain, sur le banc de sable. Cela pouvait presque être un homme, m’a-t-il dit. Nous avons regardé avec les jumelles et avons vu qu’il y avait là quelqu’un en détresse, puis nous sommes allés chercher notre bateau. »

Le pêcheur Johannsen attira alors le garçon vers lui, et fit une chose qu’il n’avait encore jamais faite à ce jour : Il embrassa l’enfant encore et encore, sur ses cheveux blonds. Cela fut même désagréable au garçon. Johannsen balbutiait sans cesse : « Un enfant est venu pour m’aider. Sans cet enfant, je serais mort d’une mort atroce. Un enfant comme sauveur … !!! »

      Après voir atteint le rivage, il serra fermement la main du garçon et, plein de reconnaissance, tapa sur l’épaule de son papa – et offrit sa montre au garçon tout étonné. Puis il alla rapidement à sa hutte. Il ne voulait pas que le père et son fils découvrent sa grande émotion !

      Il ferma la porte derrière lui ; maintenant, il ne désirait plus qu’une chose : être seul avec quelqu’un d’Autre et sans être dérangé. Il voulait à présent fêter encore une fois Noël, mais de la bonne manière cette fois-ci – avec son Sauveur, l’enfant de la crèche !


(Traduit et transmis par Dorothée Hatzakortzian)



Histoires précédentes:

 

Tout à coup, je fus confronté avec la mort !

L' invisible t’a piqué !

Et puis vint une nuit qui changea toute ma vie. Après un tour du monde qui dura deux ans, je me trouvai à présent sur l'Ile Maurice. L'eau était claire comme du cristal et offrait de merveilleuses possibilités de surfer. J'habitais chez un pêcheur indigène. Nous ne plongions pas seulement pendant la journée mais aussi la nuit, parce que les crabes se laissaient alors particulièrement bien attraper. Les pêcheurs étaient des gens pauvres qui gagnaient leur vie en vendant des poissons aux touristes.

Lorsque je plongeai pour la première fois la nuit, je fus saisi de frayeur. Qu'est-ce qui m'attendait ? Nous rencontrions des requins dont l'aspect inspirait vraiment la crainte, mais ils ne nous attaquaient pas. Lors d'une nouvelle plongée, nous nous trouvâmes cette fois à proximité des méduses. Les pêcheurs les appellent les "invisibles" ou les "guêpes marines". C'est une espèce de méduses très dangereuses pouvant à chaque moment tuer un homme. Leur venin est encore plus terrible que celui d'un serpent ou d'une araignée.

Sur l'Ile Maurice, les pêcheurs, en plongeant, portent une tenue de plongée de 3 mm d'épaisseur, avec des bottes en caoutchouc. Elle couvre même leur tête, car pour eux, l'eau est froide. Moi, par contre, je viens de la Nouvelle Zélande. Je trouvais donc que l'eau était chaude, même encore la nuit, et pensais pouvoir me passer de la tenue de plongée. Je mis seulement une veste à manches courtes et un pantalon long. Mes bras étaient nus, je portais toutefois des gants.

Soudain, je me trouvai au milieu d'une multitude de méduses . C'était les "invisibles". Elles sont tellement transparentes qu'on les distingue à peine. Avant que je ne puisse me mettre en sécurité, l'une d'entre elles me toucha le bras. C'était comme si j'avais reçu une décharge électrique. Et je vis soudain qu'il y en avait littéralement des milliers autour de moi. J'eus tout à coup l'impression de me trouver sur un terrain miné. Je tentai d'échapper et de protéger à la fois mon cou et ma tête. Mais elles me piquèrent quatre fois. Je nageai aussi vite que possible vers un récif. La taille de mon bras avait déjà doublé à cause de l'enflure, et ma peau était couverte de cloques, comme si je m'étais brûlé à une plaque de cuisinière. Je sentais le venin se répandre en moi. Il avait déjà attaqué mon poumon droit.

Excités, les pêcheurs s'écrièrent : "L'invisible t'a piqué". Une seule piqûre suffit pour te donner la mort ! Je leur réponds: "J'ai même été piqué quatre fois." Là-dessus, ils s’écrièrent : "Vite, vite, à l'hôpital !"
Lorsqu'ils me tirèrent dans l'eau, pour me remettre dans le bateau, je fus piqué une cinquième fois. Désespéré, je me demandai : "Pourquoi ai-je mérité cela ?" Un flot de souvenirs s'abattit sur moi. Des choses que j'avais mal faites dans ma vie. Je pensais les avoir oubliées depuis longtemps. Mais elles étaient de nouveau là et m'interpellaient. Lorsqu'on est confronté avec la mort, on se trouve face à face avec soi-même. Alors, ce n’est plus le moment de plaisanter – on est en train de mourir !

"Reste éveillé"

Lorsque les pêcheurs m'eurent enfin mis à terre, le côté droit de mon corps était paralysé. Je n'avais plus qu'un désir, celui de dormir. J'entendis alors l’un d’entre eux me dire : "Si maintenant tu fermes tes yeux, tu ne les ouvriras plus jamais." Péniblement, je m’efforçai de les ouvrir pour voir qui m'avait parlé, mais il n'y avait personne. A cette époque, je ne savais pas encore que c'était Dieu qui me parlait. Je ne croyais pas en Dieu. Je pensais que la foi n’était destinée qu’aux gens faibles, qui ne savaient pas se servir de leur intelligence. Je croyais au contraire à l'évolution et avais la conviction que nous descendions du singe.

Ma mère me disait toujours, en plaisantant : "Tu dois avoir du sang de poisson en toi", car j’aimais tellement la mer ! J’étais plongeur, sauveteur - et pêcheur. Lorsque je fis connaissance des eaux tropicales, il m’arriva quelquefois de rencontrer des serpents de mer, des requins et différentes espèces de méduses... A l’occasion de ma formation de sauveteur, on m’avait apprit qu’il fallait absolument garder en éveil les personnes ayant été piquées par cette sorte de méduses. Les laisser s’endormir peut les conduire à un coma et à une mort inévitable. C'est précisément à cette limite-là que je me trouvais maintenant.

Après une piqûre comme celle-là, les enfants meurent en l'espace de trois minutes. Chez les adultes, cela peut durer 15 à 20 minutes. Je devais donc me rendre au plus vite à l'hôpital. 
Un chauffeur de taxi indien refusa de me prendre parce que je n'avais pas d'argent. J'entendis à nouveau une voix : "Crie à moi pour ta vie, mon fils !" Je n'avais encore jamais de ma vie supplié pour avoir quelque chose. J'étais un homme très fier. Maintenant, cependant, je tombai à genoux et implorai pour ma vie. Je m’adressai au chauffeur et lui promis que j'allais le payer.

Après avoir parcouru plusieurs kilomètres, celui-ci me demanda : "Dans quel hôtel habites-tu, homme blanc" ? Je répondis : "Je vis chez les pêcheurs." Irrité, il me dit : "Si tu ne payes pas, je te conduis seulement à un hôtel. " Je le suppliai: "S'il te plaît, j'ai assez d'argent!" Mais il me conduisit à un hôtel et, furieux, me somma alors de quitter le taxi. J'essayai, mais le venin avait déjà paralysé mes deux pieds. Désespéré, je dis : "Je ne peux plus marcher; s'il te plaît, emmène-moi à l'hôpital ! Mais il ouvrit rapidement la portière et me jeta brutalement hors du taxi !

De nouveau, je voulus fermer les yeux, ne désirant plus que m'endormir en laissant simplement venir la mort. Mais à ce moment-là, quelqu'un me secoua . J'ouvris les yeux et vis le visage de l'un de mes amis pêcheurs. Il se pencha sur moi et me demanda : "Que t'arrive-t-il ? " Je lui montrai alors mon bras. Il sut immédiatement ce qui m'était arrivé, et me porta jusqu’à l’intérieur de l'hôtel. Lorsque les Chinois, auxquels appartenait l'hôtel, virent mon bras, ils commencèrent à se moquer de moi. Ils pensèrent que j'avais pris de l'héroïne et ne me crurent pas quand je leur dis que c'était du venin de méduse !


Une haine implacable

A présent, mes dents claquaient, et je commençais à avoir très froid. Je sentais chaque muscle de mon corps. Je sentis aussi le venin pénétrer en moi de plus en plus profondément. La mort approchait à grands pas ! Mais personne ne m'aida. L'un des Chinois, la voix remplie de haine, s’exclama : "Nous n'allons pas prendre ma voiture. Tu n’as qu’à attendre que l'ambulance arrive !"

L'Île Maurice se trouve à proximité de l'Afrique du Sud. Dans ce pays, il existe entre les races une grande haine. Parce que j'étais blanc, ils me prirent pour un Sud-Africain blanc et me traitèrent en conséquence ! 
A ce moment-là, j'aurais voulu le rouer de coups. Mais mes bras étaient paralysés. Lorsque j'essayai quand même de le faire, j'entendis pour la troisième fois la voix de l'homme invisible : "Si tu fais cela, le venin est tellement près de ton cœur, qu'une poussée d'adrénaline te tuera." Je pensai : "Il a raison, mais qui est donc cette voix ? " Puis vint l'ambulance. Mon ami pêcheur avait prévenu l'hôpital.


"Prie pour ton fils !"

Pendant mon transport à l’hôpital, je vis ma vie se dérouler comme un film ! Je savais que d’autres personnes avaient vécu cela au moment où elles se trouvaient au seuil de la mort. Je me demandai donc : "Vais-je vraiment mourir maintenant ? Et si c'est le cas, y a-t-il une vie après la mort ou n’y a-t-il rien ?

Soudain, je vis devant moi le visage de ma mère. Elle priait. Elle était la seule chrétienne dans notre famille. Nous lui disions toujours : "Maman, tu peux prier pour nous. Dieu t'écoutera certainement. Tu es une si gentille femme." Voyant maintenant son visage devant moi, j’en fus profondément ébranlé ! Je l'entendais encore me dire : "Ian ! Peu importe ce que tu as fait dans ta vie, peu importe combien tu t’es éloigné de Dieu - si tu l'invoques de tout ton cœur, il t'écoutera et te pardonnera !"

Je ne savais pas que de l'autre côté du globe terrestre, ma mère voyait vraiment mon visage. Dieu lui montra que j'étais mourant et lui dit . "Prie pour ton fils - maintenant !"


"Pardonne-moi mon péché !"

Je pensai : S'il y a un Dieu vivant, qui est-il ? J'avais connu des milliers de dieux différents. S'il existe un Dieu réel, qu'il se montre à moi et je le prierai ! Mais aucun visage de Dieu ne m'apparut.

Ma mère avait-elle raison ? Le Dieu des chrétiens était-il le bon ? Si c'était le cas, je reconnaissais avoir un grand problème. J'avais maudit le nom de Jésus, ridiculisé les chrétiens ! Ma vie était pleine de sexe et de drogues. Comment un homme comme moi pouvait-il prier ? Je ne connaissais pas de prières, mais je dis : "Dieu, si tu existes, si tu peux m'entendre ... Je me sens un parfait hypocrite. Je n'ai jamais cru en toi ; mais si tu existes vraiment, alors apprends-moi à prier.

Soudain, les paroles suivantes apparurent devant mes yeux : "Pardonne-nous nos offenses." Et je me demandai : Par quoi dois-je commencer ? J'ai commis tant de péchés, je n'ai maintenant plus le temps de les énumérer tous. Mais Dieu, si tu peux pardonner, alors pardonne-moi tous mes péchés !

Puis d'autres paroles me furent suggérées : "Pardonne à ceux qui t'ont offensé. " J'ai alors pensé : ça, c'est facile ! Je ne suis pas rancunier. Je peux pardonner à chacun. Au même moment, je vis soudain devant moi le chauffeur de taxi indien qui venait de m’éjecter de la voiture, et puis le propriétaire de l'hôtel qui avait refusé de m'aider. Et la voix se fit à nouveau entendre : "Pardonneras-tu à ces hommes-là aussi ?" Spontanément, je m’exclamai : Non, ça jamais ! Mais ensuite, je revins sur cette déclaration et confessai : Si tu me pardonnes, ô Dieu, je pardonnerai aussi à ces hommes !

Puis j'entendis encore d’autres paroles : "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel". Et voilà que moi, un homme récalcitrant, indépendant et obstiné, qui ne se pliait devant personne, priais maintenant humblement : "Dieu, que ta volonté soit faite. Je te remets toute la conduite de ma vie. Je suis mourant ! S'il te plaît, aide-moi. Si tu fais cela, je mettrai le reste de ma vie à ta disposition."

Pour la première fois de ma vie, je compris les paroles du "Notre Père". Ce fut ma prière de repentance et de salut. C’est à ce moment-là que je connus la nouvelle naissance et que je devins, dans cette ambulance, un enfant de Dieu. Et alors, une paix incroyable m'envahit. J'avais fait la paix avec mon Créateur. J’étais maintenant réconcilié avec lui.


Déclaré décédé

L'infirmière de l’hôpital essaya de mesurer ma tension artérielle, mais mes veines n'étaient déjà plus perceptibles. Je vis encore d’autres personnes travailler sur mon organisme, mais moi j'avais l'impression que j'allais quitter mon corps. La pensée suivante me traversa l’esprit : Dans un moment, tu seras mort ! Et pourtant, je luttais pour ma vie.

Le médecin mesura ma tension qui s'effondra. Puis on essaya d'injecter des antidotes dans mon corps, mais ce dernier n'était plus capable de les absorber, ni de les élaborer. Là-dessus, le médecin me dit : "Je crains que ce ne soit tout ce que nous pouvons faire pour toi ; il te faut absolument garder les yeux ouverts. Tu dois lutter contre cette fatigue. Reste éveillé !"
Désespéré, je m'efforçai de le faire. Lorsque finalement je fermai tout de même les yeux, je ressentis une grande délivrance. Je ne savais pas que les machines ne donnaient déjà plus de signaux et que mon pouls était à zéro.
Subitement, je me trouvai à nouveau éveillé. Cette fois c'était en pleine nuit et il faisait très sombre. Je pensai: Pourquoi les médecins ont-ils maintenant éteint la lumière ? J'ignorais que l'on m'avait déclaré décédé. Je cherchai l'interrupteur, mais ne le trouvai pas. Lorsque je portai la main à mon visage, j'eus l'impression qu'elle passait à travers celui-ci. De même, lorsque je pris ma tête entre les deux mains, celles-ci traversèrent ma tête comme une force invisible. Puis j'essayai de toucher mon corps, mais il n'y avait plus rien ! Effrayé, je réfléchis : "Qu'est-ce que cela veut dire ? Suis-je mort ? Ai-je quitté mon corps physique ?"



Cela doit être l'enfer !

Soudain, dans cette obscurité, je sentis quelque chose d'incroyablement mauvais se diriger vers moi. Quelqu'un me regarda, et recula. Puis, toujours dans cette nuit noire, j'entendis à ma droite un homme crier vers moi : "Ferme ta bouche ! "Je n'avais pourtant rien dit du tout. Ensuite, je constatai la proximité de créatures effrayantes, capables de lire mes pensées et de réagir à celles-ci. A mon côté gauche, une autre voix se fit entendre : "Tu as mérité d'être ici ! " Je demandai : "Qu'ai-je mérité ? " Où suis-je donc ? " Après cela, une troisième voix me dit : "Tu es maintenant en enfer, ferme ta bouche ! "

Ma pensée de l’enfer s’était toujours résumée en une surprise-partie où tout ce que je n’avais pu faire sur cette terre était autorisé. Je pensais que même la musique y serait plus agréable qu'au ciel. Qui veut donc entendre tout le temps de la harpe ou rester assis sur un nuage, avec une robe blanche, conformément à l’image du ciel qu’on nous a communiqué? Moi je voulais être là où la surprise-partie bat son plein. 
Et ma réflexion se poursuivait. "Effectivement, ce lieu pourrait bien être l'enfer, séparé entièrement de la lumière, séparé de l'amour de Dieu. Je n'avais plus de corps, et ne serais donc jamais plus fatigué. Je n'avais plus non plus la notion du temps. Tout restait sombre. Oui, je méritais d'être là.


Une lumière dans mon cœur

Soudain, une vive lumière vint jusqu'à moi. Lorsqu'elle effleura mon visage, mon esprit fut éclairé d'une manière mystérieuse. C’est alors qu’une grande force me souleva vers le haut, et je me vis comme attiré dans un tunnel. Puis je me souvins que, quelques minutes avant ma mort, j'avais décidé que Jésus devait être désormais le Seigneur de toute ma vie. Le psaume 23 dit que le Seigneur est mon berger, que je ne manquerai de rien. Que même si je marchais dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrais aucun mal, qu’il serait avec moi. Et Jésus en moi est plus fort que la mort .

J'avais dès lors cette forte conviction que, lorsque nous sommes environnés par le mal, celui-ci ne peut porter atteinte à la lumière de Dieu en nous. La lumière qui maintenant remplissait mon cœur, n'était encore que très faible, puisque je venais tout juste de lui donner ma vie. Mais elle était suffisante pour que je puisse traverser cette sombre vallée. Jésus a bien dit : "Rien ne peut te séparer de l'amour de Dieu - ni la vie, ni la mort, ni les démons ou puissances, ou un enfer quelconque. "

Lorsque je traversai cette lumière, je me trouvai soudain en présence d'un être indescriptible. La lumière qui entourait cette personne paraissait pénétrer l'univers tout entier. Alors que j'étais là-bas, je pensai : C’est ici que doit être le centre de la vie même ! Je ne savais pas que c’était le Fils de Dieu lui-même, glorifié, que je voyais.


Libéré de tout fardeau

Lors que je fus devant lui, il me demanda : "Ian, désires-tu retourner ? " Je répondis : "Où ? " Je regardai en arrière et vis ce tunnel qui menait vers l'obscurité. Il me dit : "Si tu veux retourner sur la terre, il te faudra tout voir dans une nouvelle lumière."

Soudain, les paroles suivantes me revinrent à l’esprit : "Dieu est lumière et en Dieu, il n'y a pas de ténèbres. " Et je compris clairement ceci : Il n'existe aucun lieu où je puisse me cacher devant lui. Ma réflexion fut alors la suivante : Si cet Être Merveilleux qui est devant moi est Dieu, en réalité je ne devrais pas être ici. C’est la mauvaise personne qu’ils ont ici. Il vaudrait mieux que je retourne dans les ténèbres et que je reprenne le tunnel.

Mais une nouvelle vague de lumière vint sur moi. Et lorsqu'elle m'envahit, je fus saisi par un sentiment d'amour inconditionnel. J'avais pensé que Dieu allait me juger, mais au lieu de cela, son amour m'a littéralement enveloppé. Tout excité, je commençai à lui confesser mes nombreux péchés, mais plus je parlais, plus je sentais son amour grandir en moi. Et ensuite, je fus libéré et ressentis comme une infinie légèreté. J'étais libre de tout fardeau et ne désirais plus qu’une seule chose : voir la face de Dieu.


L'éternité a un visage

Je m'approchai de cette lumière et vis soudain, au centre de cette clarté, un homme en vêtement blanc. Lorsque je regardai ses pieds et ses mains, je sus que je me trouvais en présence de Jésus, le Fils de Dieu, et qu’il était vivant. Je n'avais encore jamais vu quelque chose d'aussi beau - une incroyable pureté m'entourait. Maintenant, plus personne n’avait à me le prouver : Il était vraiment ressuscité ! Nous ne prions pas un Dieu mort, mais le Sauveur ressuscité, qui est Lui-même la vie ! J'essayai de regarder son visage, mais c'était impossible - un tel rayonnement se dégageait de lui !

Puis je vis à côté de lui une ouverture menant à une grande étendue. Je découvris une rivière, des montagnes, des fleurs, des arbres et des oiseaux. Jésus n'avait-il pas dit : "Un jour, quand vous serez auprès de moi, il n'y aura plus ni maladie, ni mort, ni larmes, mais seulement la vie éternelle" ? J’étais conscient d’une chose : J'étais arrivé à la maison. Durant mes nombreux voyages sur la terre, j'avais cherché le paradis. Dans chaque nouveau pays, mon espoir avait été déçu, mais à présent, je l'avais trouvé !

A ce moment-là, Jésus se tourna vers moi et me demanda : "Désires-tu aller là-bas ou retourner sur la terre ? Je répondis : "Je voudrais rester ici." Mais en me retournant, je vis une personne qui se tenait dans le tunnel. C'était ma mère. Je réalisai alors que si j’entrais maintenant au ciel, elle n'apprendrait jamais que je suis auprès de Jésus. C'est pourquoi je répondis : "Je désire retourner auprès d'elle. " Et Dieu me dit encore : "Baisse la tête." J’aperçus alors des milliers de personnes devant moi. Il poursuivit : "Si tu ne retournes pas sur la terre, beaucoup d'entre eux n'entendront jamais parler de moi."


Retour à la vie

Il se tourna une dernière fois vers moi en disant : "Ouvre tes yeux." A l’instant même, je sentis que j'étais "retourné" dans mon corps. Le médecin était en train d’examiner une dernière fois l'extrémité des nerfs de mon pied, avant de délivrer le certificat de décès. Lorsque j'ouvris les yeux, l'instrument qu’il tenait lui tomba presque des mains. Effectivement, j'avais été cliniquement mort pendant plus de 15 minutes. Le médecin était comme sous l'effet d'un choc. Il savait que ce qu'il vivait là ne s'était pas produit d'une manière naturelle. C'était un miracle !

Suite à cette expérience, je commençai à lire la Bible ; les paroles de Jésus se révélèrent à moi avec puissance : "Je suis le chemin, la vérité, et la vie ! Nul ne vient au Père que par moi."

Depuis quelque temps, je parcours le monde avec ma famille, pour raconter ce que j'ai vécu.

Extrait du magazine allemand "Entscheidung"
© Ein Artikel von www.Glaube.de - Lebensbericht von Ian McCormack.
(autorisation accordée à Dorothée Hatzakortzian)
Rapport de vie de Ian McCormack.
Extrait d'une conférence de Ian McCormack du 31.7. 2002 au CZM.

×

 

Ma belle-mère Charlotte serait-elle la cause de mon cancer ?

Ma belle-mère avait eu une attaque cérébrale.

Mon mari avait tellement été pris de compassion pour elle qu'il m’avait demandé de l'accueillir dans notre foyer. Après le séjour à l'hôpital, elle avait tout d'abord été placée dans un centre de rééducation.

Ensuite, nous nous étions mis à la recherche d'une maison de retraite appropriée, mais les frais dépassaient largement nos moyens financiers. Il ne nous était donc rien resté d'autre à faire que de mettre nos deux fils dans la même chambre et d'aménager l'autre pour elle..

J'étais particulièrement fâchée de cet "accroissement familial" survenant au moment où, après de longues années, j'avais enfin à nouveau du temps à ma disposition pour mes objectifs personnels.

Depuis la nouvelle année scolaire, nos deux fils étaient admis dans une école où ils pouvaient rester toute la journée. Je voulais maintenant reprendre et achever mes études universitaires afin de pouvoir enseigner plus tard. Cela m’aurait permis d’économiser en vue de la formation professionnelle de mes deux fils. Mais là, je me trouvais à nouveau rivée à la maison -et de surcroît- avec une tâche si peu réjouissante ! Mes amis et connaissances me donnaient de nombreux conseils, mais je remarquais que ces conseils étaient bon marché et que mes amis, eux-mêmes, étaient simplement heureux de ne pas avoir à résoudre ce problème.

Suite à ce nouvel engagement de ma part, et il s’agissait cette fois de ma présence permanente à la maison, nous avions perdu beaucoup de contacts avec les chrétiens de notre église et nous avions été obligés d’abandonner les tâches dont nous ne pouvions plus nous charger.

Remplie d'amertume à propos de cette nouvelle situation, je commençais à éviter de prier ou de lire la Bible. Je savais que Dieu avait promis de me donner précisément de l'amour là où je ne pouvais pas le prodiguer moi-même, mais je refusais d’aimer ma belle-mère.

Je m’étais alors surpris à accumuler et à stocker toutes les raisons que j’avais de m’irriter à cause de son comportement. Lorsque ma belle-mère me chargeait, par exemple, d'acheter des cadeaux pour ses amis, si je n'apportais pas exactement ce à quoi elle pensait, je devais le rapporter. D’autre part, elle n'était jamais satisfaite des repas que je lui servais et désirait toujours un repas particulier. De mauvaise humeur, elle refusait de mettre le casque lorsqu'elle écoutait la radio ou regardait la télévision. Comme elle entendait mal, le son résonnait dans toute la maison. Quand des amis venaient nous rendre visite, nous devions crier pour nous entendre ou nous retirer sur la terrasse.

Quand nos garçons jouaient avec leurs amis dans la salle de séjour, les plaintes et les critiques permanentes de Charlotte les agaçaient. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour qu’ils perdent, eux aussi, tous leurs amis. Quand mon mari revenait à la maison après son travail, que j'étais occupée à préparer deux repas différents et qu’il se rendait dans la salle de séjour pour saluer sa mère, je pouvais entendre le rapport qu'elle lui faisait de mes insuffisances.

Si d’autres membres de la famille venaient nous rendre visite, elle se plaignait également auprès d'eux d’être mal traitée chez nous ; 90 % de ses histoires n'étaient que pure imagination. Il nous aurait fallu beaucoup de temps pour leur décrire la réalité des choses, mais dès nos premières tentatives, nous y avions renoncé. Aucune discussion, aucune explication ou prise de position, ne pouvaient ébranler son point de vue. Et moi, en attendant, je devenais chaque jour plus furieuse envers elle.

A la fin de la première année passée avec Charlotte, on me faisait l'ablation d'un sein (cancer). A la fin de la deuxième année, j’étais atteinte d'arthrite. Furieuse, je me révoltais. Pourquoi tout cela ? N'avais-je pas déjà assez de problèmes ainsi ?

A cette époque, une amie m’avait fait cadeau d'un livre dans lequel un médecin chrétien écrivait que le cancer pouvait être provoqué par le non pardon. Soucieuse, elle me mettait en garde : " J'ai l'impression que tu dois payer un bien grand prix pour ton dépit et ta colère envers ta belle-mère ".

Cette pensée ne m’avait plus quitté : le fait de ne pas pardonner, était-ce vraiment la cause de tous mes problèmes physiques ? J’avais tenu des monologues sans fin. J'essayais de me prouver qu’après tout, c’était moi qui avais raison et non Charlotte. Je voulais l'amener à ce qu'elle me présente ses excuses, mais c'était impensable. Charlotte était une femme qui ne présentait que rarement ses excuses à quelqu'un.
Puis il se produisit quelque chose qui bouleversa complètement la situation.

Un jour, alors que je me trouvais une fois de plus en train de préparer les repas –un pour elle et un pour nous-, et qu'elle faisait à nouveau une prédication sur mes péchés dans la salle à manger, j'ai éteint la plaque électrique et je me suis précipitée à l'extérieur de la maison pour échapper à ses paroles. J'étais sur le point de quitter la maison en toute hâte. Complètement bouleversée, je ne remarquais même pas que mon mari était lui aussi sorti et qu’il se trouvait maintenant à mes côtés ! Il m’a pris dans ses bras et m’a dit : " Je sais ce que tu es en train de subir. Il m'est difficile, à moi aussi, d’aimer ma mère après avoir assisté à tout cela." L'amour et la compréhension que j’ai vus dans ses yeux et sur son visage ont déversé comme un baume sur mon âme blessée. L'étreinte consolante de mon mari Lee m’a aidé à réaliser le nombre de fortifications que j'avais construites autour de moi. Ces murs faisaient obstacle à ma relation avec Dieu et aussi avec mon époux. Des larmes se sont alors mises à couler sur mon visage. J’ai enfin été à nouveau capable de prier, et j’ai immédiatement demandé pardon à Dieu.

Durant les jours qui ont suivi, Jésus m'a encore davantage ouvert les yeux et cela, d'une curieuse manière. Il me semblait que ma belle-mère, dans son fauteuil roulant, n'était plus la personne que j'avais connue auparavant. Je la voyais sous un nouveau jour. L'attaque cérébrale l’avait ramenée à l’état d’enfance. En fait, elle avait besoin que je lui serve de mère et que j’apprenne à m’opposer à elle avec fermeté et détermination ; je ne devais plus laisser le champ libre à son attitude excentrique. Durant les années qui ont succédé, j'ai appris que beaucoup de personnes âgées avaient besoin de quelqu'un jouant un rôle parental auprès d’eux. Si seulement on m’en avait informé auparavant ! Je me suis enfin rendue compte que l'amour ne consiste pas à laisser l'autre faire ce qu'il veut. Cela a été pour moi une grande découverte.

J’ai aussi réfléchi à ce que Charlotte avait dû endurer dans sa propre vie. A cette occasion, je constatais qu'elle avait ruiné sa santé en soignant sa mère pendant 24 ans, puis son mari durant des années. Devenue veuve, ma belle-mère s’était installée dans un bel appartement et se réjouissait de pouvoir maintenant entreprendre beaucoup de choses. Et c'est alors qu’une attaque cérébrale est survenue. Elle s’est donc soudainement trouvée à la merci d'une belle-fille envers qui elle n'avait pas beaucoup de sympathie, et de qui elle n’attendait pas vraiment grand-chose.

J’ai dû m'avouer avoir réagi exactement comme Job : " Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive" (Job 3 : 25) Je m’étais laissée gagner par la panique et j’avais perdu la capacité de penser clairement. Tout cela m’avait encore enfoncée davantage dans une situation déjà complexe.

Je commençais à comprendre que la haine que nous éprouvions pour d'autres personnes, n'est pas seulement un péché, mais qu'elle nous détruit aussi nous-mêmes. Jésus, cependant nous promet le pardon si nous pardonnons.

Je savais désormais ce que j’avais à faire. Pendant des semaines, j’ai prié pour avoir la capacité de pardonner, sans toutefois obtenir de résultat visible. Je n’y comprenais plus rien. Désespérée, je me suis demandée où était mon erreur ? Me fallait-il prier pour avoir plus d'amour ? Cela m’a paru encore plus difficile que de demander de l’aide pour pouvoir pardonner.

Un jour, à un feu de signalisation, alors que j’attendais dans ma voiture, j’ai joint les mains et ai crié à Dieu : " Seigneur, il faut que tu m'aides à l'aimer. Seule, je n'y parviendrai pas ". A ce moment-là, j’ai tellement été remplie d'amour que c’était incompréhensible. Cette vague d’amour était si grande que je me demandais si les autres automobilistes pouvaient s’en apercevoir.

A partir de ce jour-là, ma vie est devenue plus facile. Même l'attitude de Charlotte m’a paru avoir changé. Celle-ci s’était décidée, le soir, à ne manger qu'un sandwich que même mes fils pouvaient lui préparer. Pendant ce temps, je pouvais faire cuire le repas principal pour notre famille. Elle me remerciait aussi quand je lui apportais des livres de la bibliothèque et n'écoutait plus la musique et la télévision qu'avec le casque. Elle s’est même mise à rire de mes joyeuses remarques. Lorsqu’un jour nous lui avons partagé la perte de mon sein, elle en a même été très affectée -un élan de cœur inattendu dont je n'avais encore jamais été témoin chez elle.

J’ai compris que la moitié des choses que les autres font et disent de moi, ne sont pas du tout aussi importantes que ce que j'en fais. Si je cesse de me cramponner aux souvenirs qui me tourmentent, et les remets à Dieu, ma vie devient beaucoup plus simple et mon cœur plus paisible.

ujourd'hui, je réalise ceci : Le problème de ma belle-mère "Charlotte" était en réalité et surtout en profondeur mon propre problème...

Jo Bradley Jackson

Extrait du magazine allemand "Entscheidung" 5/2003
(autorisation accordée à Dorothée Hatzakortzian)

×

 

Une histoire émouvante de Chine

C'était le plus grand miracle, et Duan n'en aurait pas été témoin si le car ne s'était pas soudain arrêté. Suivant une impulsion, Duan était sorti du véhicule et trottait sur les champs gelés, tandis que les autres voyageurs restaient entassés dans le bus. Il se sentait seul et était profondément attristé. Ce prédicateur itinérant, âgé de 77 ans, n'avait pas d'endroit qu'il pouvait appeler son foyer. Plein de nostalgie, il pensait à sa femme bien-aimée, décédée depuis longtemps. Plus lourdement encore pesait sur son cœur le souvenir de son petit-fils.

Dans le prochain village, il frappa à une porte sur le montant de laquelle une petite croix était fixée. Un homme souhaita la bienvenue à Duan. Un plat de légumes chauds lui fut offert. Il remarqua qu'une joyeuse agitation régnait dans la maison. Finalement, il en apprit la raison. Un enseignant de la Bible bien connu était attendu dans la localité voisine. " Comment s'appelle-t-il ? ", demanda Duan. "Frère Wang", répondirent-ils.

Ils se mirent tous en route et, tout en s'acheminant vers cette rencontre, ils parlèrent de Wang à Duan et lui dirent pourquoi tout le monde l'aimait. " Nous participions à un séminaire de formation. Soudain, la police est venue. Tous purent s'échapper à temps, excepté Wang et le pasteur. Wang se proposa d’aller en prison à la place du pasteur. La femme du pasteur était, à l'époque, dans son huitième mois de grossesse. La police accepta le marché. Pendant son emprisonnement de trois ans, Wang envoya même ses colis de ravitaillement au pasteur et à sa famille. "

Lorsque Duan apprit que Wang avait la quarantaine, une expression de douleur apparut sur son visage. " Qu'as-tu ? ", demandèrent-ils. " Le voyage en carriole est-il trop fatigant pour toi ? " " Non ", répondit Duan, " non, je suis seulement très triste aujourd'hui. " " Sachez que j'avais un fils. Il n'a vécu que deux mois auprès de moi. Aujourd'hui, il aurait eu quarante-deux ans. Ma femme l'appelait notre enfant de Noël, parce qu'il était né le même jour que Jésus. Je l'ai appelé Isaac, parce que nous avions si longtemps espéré un enfant. Il n'est venu qu'après dix ans de mariage, et nous nous sentions comme Abraham et Sarah. " Pendant un certain laps de temps, ils marchèrent en silence, sous le ciel étoilé. Puis une jeune fille demanda : " Est-il donc mort si tôt ? " Duan sourit tristement : " Non, mais il n'a été chez nous que deux mois ! " Ensuite, il leur raconta lui aussi son histoire.

Sa femme et lui-même étaient missionnaires. Après la naissance d'Isaac, une dure période commença pour eux : un ancien camarade de classe de Duan - qu'on appelait le Wu aux deux doigts - ne cessait de les accuser de mener un mauvais genre de vie, et d'exercer des activités religieuses. Ils couraient constamment le danger d'être arrêtés, ou même tués. Qu’allait donc devenir leur petit garçon ?

Une nuit, sa femme crut entendre la voix de Dieu lui disant : " Donne ton fils à votre ennemi. " Elle ne dit rien de cela à son mari, mais Duan le lendemain matin, en lisant sa Bible, tomba sur le verset dans Genèse, au chapitre 22 : " Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et sacrifie-le moi. " Il sentit alors que Dieu le chargeait, lui et sa femme, de faire quelque chose de terrible.

Ils se concertèrent et prirent la douloureuse décision de donner leur fils à ce Wu aux deux doigts. Ce dernier accepta joyeusement l’enfant, car sa femme et lui étaient sans enfant. Peu de temps après, Duan fut arrêté et condamné plus tard à la prison à perpétuité. Après sa libération, en 1978 - sa femme étant décédée entre-temps - Duan essaya désespérément de retrouver son fils, mais la famille de Wu avait disparu après le terrible tremblement de terre de 1975.

Lorsque le groupe approcha du lieu de rencontre, Duan dit tristement : " Dieu m'a infligé un lourd fardeau, parce que j'ai agi d'une manière aussi irresponsable envers mon fils. " La petite maison était pleine à craquer. Beaucoup de personnes, dont Duan, durent s'asseoir dans la cour d'entrée, pour écouter le prédicateur enseigner la Bible. Lorsque celui-ci commença à parler, Duan fut comme électrisé. Il avait l'impression de s'entendre parler lui-même ! Il passa au-dessus des gens, pour se frayer un passage jusqu'à la fenêtre, afin de voir le prédicateur. Wang remarqua tous ces mouvements qui se passaient à l'extérieur, et regarda vers la fenêtre.

Pendant quelques secondes, il régna un silence de mort, tandis que les deux hommes se regardaient. Les gens étaient pour ainsi dire fascinés. La ressemblance physique était flagrante. Duan commença à présenter des excuses : " Je regrette terriblement d'avoir interrompu votre prédication. Voyez-vous, j'avais un fils, et s'il vivait encore, il aurait maintenant votre âge ; sa voix serait exactement comme la vôtre. " Wang se mit à trembler de tout son corps, quelqu'un le soutint lorsqu'il ne put se tenir davantage sur ses jambes. Des larmes jaillirent de ses yeux, et il murmura d'une voix enrouée : " Es-tu mon Papa, Duan ? " Tous pleuraient. Le père et le fils s'étaient retrouvés après quarante-deux ans.

Wang avait effectivement été élevé par Wu aux deux doigts, mais celui-ci avait été tellement impressionné par le sacrifice de Duan qu'il était devenu lui-même un croyant. Il avait l'habitude de dire à Wang : " Ton véritable père est un grand homme de Dieu. Il t'a donné à moi. Donne toujours à Dieu la première place dans ta vie, exactement comme ton père l’a fait. " Les parents adoptifs de Wang déménagèrent avant que le tremblement de terre ne détruise tout. Tous deux moururent du cancer.

Wang devint prédicateur, et s'efforça sans cesse de trouver son véritable père. Mais Duan avait si souvent changé de nom, pour échapper à l'arrestation, qu'il était resté introuvable, même pour son propre fils.

Pendant que le père et le fils s'étreignaient en pleurant, quelqu'un se leva et dit : " Aujourd'hui, nous n'avons pas seulement entendu le message de Noël, nous avons pu le voir de nos propres yeux. Tout comme Duan a livré son fils à l'ennemi, Dieu nous a livré son Fils, à nous pécheurs. Fêtons la réunion des Duan - et aussi notre propre réconciliation avec Dieu ! "

Transmis par Dorothée Hatzakortzian

 

 

×

 

Témoignage émouvant d’un très jeune soldat, juste avant sa mort…

Pendant la guerre civile américaine, j'étais chirurgien dans l'armée.

Après la bataille de Gettysburg, plusieurs centaines de soldats blessés se trouvèrent dans mon hôpital. Beaucoup d'entre eux étaient si gravement blessés que je devais m'occuper d'eux immédiatement. Certains eurent leurs jambes amputées, d'autres, le bras, et quelques-uns, les deux.
Parmi ces patients, se trouvait un jeune homme ayant seulement servi trois mois dans l'armée. C'était en réalité encore un enfant. Il était trop jeune pour être soldat, et c'est pourquoi on l'avait engagé comme “tambour”.

Lorsque mon assistant et l'infirmier voulurent lui donner du chloroforme avant l'opération, il détourna la tête et le refusa catégoriquement. Quand l'infirmier insista auprès de lui disant que c’était le médecin qui l'avait prescrit, ce dernier lui répondit : “ Faites venir le docteur, s'il vous plaît ! ”

Je m'approchai donc de son lit en disant : “ Pourquoi fais-tu cela, jeune homme ? Lorsque je t'ai ramassé sur le champ de bataille, tu étais si faible ! J'ai alors pensé qu'il ne valait pour ainsi dire plus la peine de t'emmener. Mais lorsque tu as soudain ouvert tes grands yeux bleus, cette idée m'est venue : 'Peut-être as-tu quelque part une mère qui pense à son fils en ce moment’. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas voulu te laisser mourir sur le champ de bataille. J'ai donc donné l'ordre de t'amener ici, à l'hôpital militaire. Mais tu avais perdu tant de sang que tu étais trop faible pour supporter une opération sans chloroforme. C'est pourquoi tu devrais maintenant accepter de le prendre.”

Le garçon prit ma main, me regarda droit dans les yeux, et me dit : “ Vous savez, j'avais neuf ans lorsqu'au cours d'un culte pour enfants, j'ai donné ma vie à Jésus. Et jusqu'à ce jour, je lui suis resté fidèle. Lui ne m'abandonnera pas non plus… en ces instants difficiles. Il me soutiendra pendant que vous amputerez mon bras et ma jambe. ”

Il refusa également le cognac que j'avais essayé de le persuader de boire. Il me raconta que son père était mort comme alcoolique. Et si maintenant lui-même devait, selon toute vraisemblance, mourir et entrer dans la présence de Dieu, il ne voulait pas que ce soit avec de l'alcool dans l'estomac.

Je n'oublierai jamais le regard de ce jeune homme. A l'époque, je haïssais Jésus. Mais je respectais la fidélité que ce garçon lui témoignait. Son amour pour Jésus toucha profondément mon cœur, et c’est ainsi que je lui demandais - chose que je n'avais jamais faite auparavant - s'il voulait parler avec l'aumônier militaire. Le regard lumineux, ce garçon répondit par l’affirmative. Lorsque l'aumônier arriva, il reconnut immédiatement mon jeune patient. Il l'avait souvent vu lors des réunions, au sein du régiment. Il prit sa main et lui dit : “ Mon cher Charles, je suis désolé que tu sois si grièvement blessé. Puis-je encore faire quelque chose pour toi ? ” Là-dessus, le jeune homme lui demanda de bien vouloir prendre la Bible qui se trouvait sous son oreiller et dans laquelle se trouvait l'adresse de sa mère. Il le pria de la lui envoyer et de lui écrire que depuis le jour où il avait dû aller à la guerre, il en avait chaque jour lu un passage, et qu’il avait demandé régulièrement à Dieu de bénir sa maman.

“ Y a-t-il peut-être encore autre chose que je puisse faire pour toi, mon garçon ? ”, demanda l’aumônier. “ Oui, écrivez aussi une lettre au président de mon église, à Brooklyn – New York, s'il vous plaît, et dites-lui que je n'ai pas oublié son amour fraternel, le bon enseignement qu’il nous a apporté et les prières de son église. Que Dieu le bénisse également. - C'est tout. ”

Puis il se tourna vers moi et dit : “ Maintenant, je suis prêt. Je vous promets de ne pas crier pendant que vous m'amputerez mon bras et ma jambe. ” C'était pour moi, en tant que médecin, une terrible situation. Lorsque j’en fus à la phase du détachement de son os, le garçon prit un coin de son oreiller dans la bouche, et je l'entendis dire doucement tout en gémissant : “ Jésus, mon Seigneur, sil te plaît, aide-moi ! ”

Cette nuit-là, je ne pus dormir. Je voyais toujours devant moi les yeux bleus de mon jeune patient. Ses paroles résonnaient encore à mes oreilles : “ Jésus, mon Seigneur, s'il te plaît, aide-moi ! ”

Finalement, je me levai et retournai dans la salle de récupération des malades. J'étais convaincu que le jeune homme était mort entre-temps. “ Non ”, dit l'infirmier, “ il dort très paisiblement, comme un enfant. ” Et alors, l'une des infirmières raconta que deux chrétiens lui avaient rendu visite, qu'ils avaient chanté et prié avec lui. L'aumônier militaire avait aussi été présent, et Charles avait même chanté avec eux.

Je n'arrivais pas à comprendre comment cela avait été possible. Il avait dû surmonter des douleurs incroyables et devait certainement encore souffrir terriblement.

Cinq jours plus tard, le jeune “tambour” me fit appeler, et me dit : “ Docteur, ma dernière heure est venue. Je sais que je ne verrai plus le prochain lever du soleil. Je suis prêt à faire mes adieux. Mais avant de mourir, je tiens à vous remercier de tout cœur pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je sais que vous êtes Juif. Ce Jésus auquel je crois de tout mon cœur vient de votre peuple. Restez, s'il vous plaît, près de mon lit jusqu'à ce que je m'en aille vers lui. ”

J'essayai de rester, mais ne le pus. Je n'avais pas le courage de voir mourir un être qui croyait à ce point à Jésus. On m'avait appris à haïr ce Jésus. Je quittai donc la chambre rapidement et allai m'asseoir dans la pièce voisine. Environ 20 minutes plus tard, un infirmier s'approcha de moi et me demanda de venir encore une fois auprès de Charles.

“ Mais je viens justement d'aller le voir ”, répondis-je. “ Oui, Docteur, mais il dit devoir encore vous parler avant de mourir. ” Je retournai donc vers lui. J'avais prévu de lui dire encore une parole encourageante, mais de ne pas non plus me laisser influencer par la moindre remarque à propos de Jésus. Une fois au chevet de son lit, je vis que sa fin était vraiment très proche. Il prit alors ma main et me dit : “Je vous aime, Docteur, parce que vous êtes Juif. Le meilleur ami que j'aie trouvé en ce monde, est Juif : c’est Jésus-Christ. Je désire vous conduire à lui avant de mourir. Voulez-vous me promettre de ne jamais oublier ce que je vous dis maintenant ? ” Je le lui promis et il poursuivit : “ Lorsque vous m'avez amputé de mon bras et de ma jambe, il y a cinq jours, j'ai prié mon Seigneur de venir dans votre cœur. ” Ses paroles me touchèrent profondément. Comment pouvait-il, au milieu de tant de douleurs, penser à son Jésus et à moi qui ne voulais rien avoir à faire avec ce Jésus ? Je ne pus rien dire d'autre que ceci : “ Mon cher garçon, tout ira bientôt mieux pour toi. ” Puis il mourut.

Je pris part à son enterrement, chose que je n'avais pas coutume de faire habituellement. J'avais vêtu Charles d'un nouvel uniforme, avant de le mettre dans un cercueil d'officier. J'étais alors pécuniairement riche. Mais j'aurais volontiers sacrifié chaque centime de ma fortune si j'avais pu, à la place, aimer Jésus comme Charles l'avait aimé. Je luttai ensuite pendant dix ans contre Christ, avec toute la haine que je pouvais manifester en tant que juif orthodoxe. Puis, la prière du “tambour” fut exaucée.

Environ dix-huit mois après avoir donné, moi aussi, ma vie à Jésus lors d’une réunion de prière à Brooklyn, je me trouvais alors dans une autre réunion pendant laquelle une femme âgée s’est levée en disant : “ C'est peut-être la dernière fois que je peux rendre mon témoignage. Je vais bientôt revoir mon garçon au ciel. Il n'a pas seulement été un combattant pour sa patrie, mais s'est aussi engagé comme soldat pour son Sauveur Jésus-Christ. Blessé à Gettysburg, il fut opéré par un médecin juif. Mais il est mort cinq jours après l'opération. L'aumônier militaire m'écrivit une lettre et m'envoya sa Bible. La lettre mentionnait que Charles avait dit au médecin avoir prié pour lui pendant l'opération, afin qu'il donne un jour sa vie à Jésus ! ”

Lorsque j'entendis le rapport de cette femme, je ne pu rester insensible à ma place. Je me levai, traversai la salle, pris la main de cette femme et lui dis : “ Dieu vous bénisse. La prière de votre fils a été exaucée. Je suis le médecin juif pour lequel votre fils a prié. Son Sauveur est maintenant aussi le mien ! ”.

Transmis par Dorothée Hatzakortzian

 

×

 

Au prix de la vie des missionnaires

C’est souvent au prix de la vie des missionnaires que l’Evangile a pénétré dans les différents pays du monde. Il en fut ainsi lorsque THOMAS WALLIS, alors en Chine, apprit qu’en Corée du nord les gens instruits lisaient le chinois. Il décida donc de leur procurer des Bibles dans cette langue.

En 1866, THOMAS s’embarqua pour Pyongyang en Corée du Nord sur la goélette Shernzan. Alors que le bateau s’approchait du rivage, les gardes côtes s’opposèrent à l’accostage et en lançant des torches enflammées, y mirent le feu. Quelques hommes de l’équipage se réfugièrent dans une chaloupe, mais ils furent faits prisonniers. THOMAS réussit à atteindre la terre ferme et à déposer sa précieuse réserve de Bibles sur la terre de Corée, mais il mourut sous les coups des gardes côte. Quel échec apparent pour l’Evangile !

Mais, quarante ans plus tard, le pays était dans un désordre et des chrétiens ont tenu des réunions de prière pendant plus d’une année durant l’hiver. Ils ont donné un cours biblique dans cette ville de Pyongyang et cela a attiré beaucoup de prisonniers de tous les districts. Le nombre des participants n’a cessé de croître jusqu'à atteindre plus d’un millier. Un vif désir de purification du mal sous toutes ses formes s’est manifesté dans les réunions, et il y eut une grande consécration au Seigneur. Ce fut le début d’une victoire de l’Evangile de Jésus Christ. Ainsi, à l’endroit même où était mort l’un de ses serviteurs, l’église Coréenne a connu la puissance de Dieu, puissance d’amour et de vie.


Sa mort fut une véritable prédication…

C'était une visite de routine qui amena Stephan Schmidt, pasteur d'une paroisse de campagne de l'Allemagne du Sud, à l'hôpital. Là se trouvait couchée sur son lit de mort, une dame de sa paroisse, âgée de 87 ans, désirant lui parler encore une dernière fois. Elle remercia son pasteur pour ses prédications au travers desquelles elle avait connu la vérité sur Dieu. Elle le remercia également, parce que trois ans auparavant, elle avait ainsi pris la décision de confier sa vie à Jésus. " Je sais où mène le voyage ", dit-elle. Elle décéda trois jours après. Selon  des témoins, elle mourut dans une paix totale, se réjouissant à la pensée de ce qui l'attendait au ciel. " Jésus, Jésus ! " furent les derniers mots que ses lèvres prononcèrent. Sa mort fut une véritable prédication pour toutes les personnes présentes, comme nous le rapporte le pasteur Schmidt.

Quelques jours plus tard, le téléphone sonna chez ce pasteur. L'un des médecins de la clinique s'annonça. Il lui dit : " Vous êtes bien le pasteur qui a encore parlé avec cette vieille dame, peu de temps avant qu'elle ne décède ? " Ce docteur n'avait encore jamais été témoin d'une mort aussi paisible. " Qu'avait donc cette femme que moi je n'ai pas ? ", demanda finalement le médecin. " Je peux vous le dire exactement ", répondit Schmidt, en invitant celui-ci à venir à une réunion dans son église. Lors de cette réunion, on pria aussi pour les malades. A sa grande surprise, le médecin expérimenta une guérison physique dans son propre corps. La réunion qu’il venait de vivre, plus la guérison dont il venait de faire l’expérience, ainsi que l’entretien personnel qu’il eut avec le pasteur, tout cela eut un grand impact sur sa vie.

Ce même soir, le pasteur accompagna le médecin à son domicile. Sur le chemin du retour, dans la voiture, le docteur exprima le désir de se convertir sur le champ à Jésus-Christ. Pour ce faire, il conduisit le véhicule jusqu'à la bande d'arrêt d'urgence d'une voie express, déclencha le signal de détresse et, avec le pasteur, ils se mirent à prier. C’est alors qu’il accepta le pardon de Dieu et qu’une grande joie remplit son cœur.

A peine eurent-ils fini de prier qu’une patrouille de police s'arrêta derrière leur voiture. Les policiers contrôlèrent voiture et papiers. Lorsqu'ils leur demandèrent ce qu'ils faisaient là le soir, sur la bande d'arrêt d'urgence, la réponse fut spontanée : " Nous prions ! " Cela leur parut suspect. C'est pourquoi ils soumirent le pasteur et son passager à un test d'alcoolémie. Ce dernier fut également sans résultat. Au moment du départ le médecin, s’adressant à l'un des policiers, lui dit : " Jeune homme, je vous souhaite de vivre un jour quelque chose d'aussi beau que ce que je viens de vivre ici ce soir ! "

Quelques jours plus tard, le téléphone sonna une nouvelle fois chez le pasteur Schmidt. Le policier qui l'avait contrôlé récemment, était à l'appareil, lui posant la question suivante : " Je voudrais savoir ce que ce médecin a que je n’ai pas ? " - " Je peux vous le dire exactement ", répondit le pasteur en invitant promptement le policier à la prochaine réunion dans son église. Ce jeune policier y apparut accompagné cette fois de son amie.

" C'est quand même étonnant, déclare le pasteur, les heureuses répercussions que peut avoir la mort d’une personne en paix avec Jésus-Christ et réconciliée avec Dieu ".

Dorothée Hatzakortzian

×

 

La croix qui sauve

En 1967, un jeune homme du nom de Charles Murray s'entraînait à l'université de Cincinnati en vue de l'épreuve qui se disputerait aux olympiades de l'été 1968 pour le plongeon de haut vol.

Un ami chrétien avait passé des heures à partager l'Evangile avec lui. Charles n'avait pas été élevé dans un foyer chrétien, ce qui faisait que l'histoire de Jésus le fascinait. Il commença même à poser des questions concernant le pardon des péchés. Un jour, son ami chrétien lui demanda s'il était prêt à mettre sa confiance en Christ pour être sauvé. Sa réponse fut un "non" catégorique.

Comme il s'entraînait pour les Jeux Olympiques, Charles avait des privilèges pour aller et venir à la piscine de l'université. Un soir, entre vingt-deux heures trente et vingt-trois heures, il décida d'aller nager et pratiquer quelques plongeons. C'était une nuit claire du mois d'octobre, la lune était brillante. La piscine de l'université avait une toiture transparente, ce qui faisait que la clarté lunaire éclairait l'intérieur. Charles grimpa au plongeoir le plus haut pour faire son premier saut.

C'est à ce moment-là que l'Esprit de Dieu commença à le convaincre de ses péchés. Tous les passages de l'Ecriture qu'il avait lus affluèrent à sa mémoire. II se tenait sur la planche pour plonger, écarta les bras pour retrouver son équilibre, regarda vers le mur et là, il vit son ombre projetée par la lumière de la lune. Elle avait la forme de la croix. Il ne put supporter davantage le fardeau de ses péchés. Son cœur se brisa, et là, il s'assit sur le plongeoir et demanda à Dieu de le pardonner et de le sauver. C'est alors qu'il mit sa foi en Jésus-Christ.

Soudain, quelqu'un alluma les lumières. L'employé était venu pour contrôler la piscine. Quand Charles regarda du haut du plongeoir, il vit que la piscine était vide ! Toute l'eau avait été vidée pour réparation. Il avait failli plonger et se tuer, mais la croix l'avait arrêté. Il fut ainsi sauvé de la mort physique et de la mort éternelle !

Dorothée Hatzakortzian

×

 

Dieu parle-t-il encore aux hommes aujourd’hui ?

Un jeune homme non chrétien commençait à participer régulièrement à des études bibliques qui avaient lieu chaque mercredi dans une certaine église. Ce soir-là, le pasteur déclara que l'on pouvait très bien entendre Dieu nous parler, mais qu’il fallait alors obéir à ce qu’il nous dit. Etonné, ce jeune homme se demanda sincèrement :

" Serait-ce vrai que Dieu parle aujourd’hui encore aux hommes ? "

Après l'étude biblique, il se rendit dans un salon de thé avec quelques amis, afin de continuer à s’entretenir avec eux sur ce sujet. Ses amis lui firent comprendre qu'ils avaient en effet eux aussi, comme le pasteur, fait de telles expériences. Vers dix heures du soir, le jeune homme en question prit congé de ses amis pour retourner chez lui. Dans sa voiture, il s’adressa à Dieu en ces termes : " Dieu, si tu parles aujourd’hui encore aux hommes, alors parle-moi s’il te plaît, à moi aussi. Je t'écouterai et ferai tout ce que tu me demanderas. "

Toute en roulant en voiture dans la rue principale de sa ville, il eut l'étrange sentiment de devoir absolument s'arrêter pour acheter un litre de lait. Stupéfait, il secoua la tête et dit à haute voix : " Dieu, est-ce Toi ? ", sans toutefois recevoir de réponse. Il poursuivit donc son chemin de retour. Mais alors, cette impulsion revint, presque comme un ordre : " Achète un litre de lait. "

Le jeune homme pensa alors à l’histoire du petit Samuel de l'Ancien Testament dont il avait entendu parler à l’étude biblique de l’église en question et qui vivait chez le sacrificateur Eli, lorsqu’une nuit, il fut appelé par Dieu. Eli avait conseillé au jeune Samuel d'obéir à Dieu immédiatement.

Ce jeune homme s’exclama alors : " D'accord, Dieu, si c'est Toi, je veux bien aller acheter du lait. " Ceci ne demandait pas de preuve d'obéissance particulière. Après tout, il pouvait finalement consommer le lait lui-même. Il s'arrêta donc, acheta le litre de lait, et poursuivit son chemin pour retourner chez lui. Mais arrivé à un certain carrefour, il sentit de nouveau cette étrange impulsion en lui : " Prends cette rue ! " " C'est fou ! ", pensa-t-il en continuant sa route au-delà du carrefour. Mais ce sentiment bien distinct revint à nouveau, le poussant à prendre une rue avoisinant ce certain carrefour. C'est pourquoi il rebroussa chemin, revint sur ses pas, et s’engagea dans cette fameuse rue. Plaisantant à moitié, il se dit à haute voix : " D'accord, Dieu, je veux bien. "

Tandis qu'il passait en voiture devant un pâté de maisons, une sorte de nouvel ordre lui fut donné : " Arrête-toi ici ! " Il se gara au bord du trottoir et regarda autour de lui. C'était un quartier avec de nombreux magasins, où se trouvaient également des habitations. Ce n'était pas le plus mauvais, mais pas non plus le meilleur des quartiers. Les magasins étaient fermés et la plupart des maisons n'étaient plus éclairées, car les gens dormaient déjà.

De nouveau, il sentit cette étrange pression : " Va et donne ta bouteille de lait à la famille qui habite dans la maison d'en face ! " Le jeune homme examina le bâtiment en question. Celui-ci était sombre et selon toute apparence, les habitants n'étaient pas à la maison ou bien déjà couchés. Il ouvrit la porte de sa voiture et, se redressant sur son siège, confessa : " Ah, mon Dieu, je n'ose pas. Les gens dorment certainement. Et si je les réveille, ils vont se fâcher, et j'aurai vraiment l'air bête. " Mais il ne put se libérer du sentiment qu'il devait y aller et donner le lait. Il céda finalement : " C'est bon, Dieu, si c'est Toi, je veux bien aller jusqu'à la porte de la maison et donner le lait à ces gens. Si Tu veux que je me tienne là comme un fou, d'accord. Je veux être obéissant. Je pense que tout cela doit avoir d'une manière quelconque sa signification. Mais si les gens ne réagissent pas immédiatement d'une manière appropriée, je m'en vais ! " Il traversa la rue et sonna. Des bruits se firent entendre de l'intérieur. Une voix d'homme demanda : " Qui est là ? Que voulez-vous ? " Puis la porte s'ouvrit, et un homme se tint là en jeans et T-shirt. Il avait l'air de quelqu'un qui venait de se lever. Une singulière expression était sur son visage, et il ne semblait pas particulièrement heureux de trouver un étranger devant sa porte. " Qu'est-ce qu'il y a ? ", demanda-t-il. Le jeune homme lui tendit alors le litre de lait en disant : " Voilà, je vous ai apporté ça ! "

L'homme prit le lait et courut dans le vestibule, en parlant fort, en espagnol. Puis apparut au fond du couloir une femme qui porta le lait à la cuisine. L'homme la suivit avec un bébé sur les bras. Le bébé criait. Des larmes coulèrent sur le visage de l'homme, et il dit d'une voix étouffée par les larmes : " Nous venons justement de prier. Nous avons dû, ce mois-ci, régler plusieurs factures tellement élevées que notre argent s’est trouvé soudain épuisé. Nous n'avions plus de lait pour notre bébé. Je viens de demander à Dieu de m'aider à obtenir du lait de quelque part. Et sa femme de s’écrier du fond de sa cuisine : " Et je lui ai demandé de nous envoyer un ange avec un peu de lait. Seriez-vous un ange ? "

Le jeune homme ouvrit alors son portefeuille, prit tout l'argent qu'il avait sur lui, et le serra dans la main du père. Puis il se tourna, et revint vers sa voiture, tandis que les larmes coulaient sur ses joues. Maintenant, il savait lui aussi que Dieu entend les prières de ses enfants et qu’il parle aujourd’hui encore aux hommes.

×

 

L'indienne et sa découverte immense de Jésus

Un médecin missionnaire qui, voici des dizaines d’années, travaillait parmi les Indiens navajos dans le désert de l’Arizona, fut un jour témoin de l’évènement suivant :

Sur l’un de ses parcours, il s’approcha d’un buisson qui de loin déjà, se détachait visiblement du désert. Plus il s’approchait, plus il percevait encore plus clairement de terribles cris. Pensant qu’un animal sauvage était pris dans un piège, il sortit de la voiture, prit son fusil, et se fraya un passage à travers les broussailles. Presque arrivé de l’autre côté du buisson, il eut la surprise … de ne trouver ni animal ni piège, mais une Indienne gisant sur le sol, incapable de se tirer d’affaire. Le médecin s’aperçut rapidement qu’elle ne pouvait pas se mouvoir et avait des douleurs inexprimables. Après un bref examen, il constata qu’il n’y avait plus qu’un tout petit espoir pour elle ; la gangrène (destruction de tissus) avait commencé. – Il lui fit une piqûre de morphine pour atténuer les douleurs, l’enveloppa dans une couverture de laine, la porta délicatement jusque dans la voiture et l’emmena à l’hôpital de la Mission. En route, il essaya d’apprendre par cette femme comment elle était arrivée dans cet endroit isolé. – Tombée gravement malade, elle s’était rendue chez le sorcier de sa tribu qui n’avait pu « l’exorciser ». Ce dernier l’avait jetée dehors et abandonnée à son sort. Elle était déjà restée allongée derrière ce buisson pendant quatre jours, paralysée, sans alimentation ni boisson, exposée durant la journée à l’ardeur du soleil et pendant les nuits, à un froid glacial (la région était située à plus de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer). Pendant neuf jours et nuits, le médecin ne put quitter des yeux la grande malade. Enfin la forte fièvre fut surmontée. Lorsqu’elle fut à nouveau entièrement consciente, l’indienne raconta à son infirmière comment le médecin avait pris soin d’elle. Pourquoi a-t-il fait cela ? », demanda la patiente. « Je suis pourtant une Indienne ; et lui est un Blanc. Mon propre peuple m’a jetée dehors ; lui m’a amenée ici et il m’a redonné la vie. Pourquoi a-t-il fait cela ? «  L’infirmière chrétienne lui répondit : « C’est l’amour de Christ qui l’a fait agir ainsi. » « Qu’est-ce que c’est – l’amour de Christ ? », voulait savoir la malade. « Je n’en ai encore jamais entendu parler. Que veux-tu dire par cela ? » Il fallut toutefois encore plusieurs jours pour que la malade puisse comprendre combien l’amour de Jésus est grand et ce qu’Il avait fait pour elle. Elle réalisa alors de plus en plus clairement qu’elle se trouvait devant une décision à prendre : devait-elle renoncer à la croyance païenne aux esprits, qui ne lui avait apporté que craintes et  malheurs, et devait-elle la remplacer en acceptant Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur dans sa vie ? Au moment précis où elle parlait de cette décision avec le directeur spirituel de la station missionnaire venu la voir, le médecin entra – celui qui l’avait sauvée – pour voir comment elle allait. Son visage s’éclaira et, se tournant vers ce directeur d’hôpital, elle lui dit : « Si Jésus-Christ est comme ce  docteur-là, alors je veux mettre ma confiance éternellement en Lui.

×

 

Incroyable et pourtant bien vrai

Tout Sébastopol en parla durant des années. Un groupe d'une quarantaine de chrétiens tenait une réunion dans une maison d'un village. Une bande de villageois réunis au bistrot s'en était rendu compte. Éméchés par l'alcool, ils investirent aussitôt la maison. Porte fracassée, fenêtres gardées par de solides gaillards armés de gourdins, aucun occupant n'avait une chance d'en réchapper.

La maison fut incendiée. La sécheresse de l'été favorisa l'extension du feu et le toit de chaume flamba comme du papier. Les chrétiens, dans un premier temps, eurent très peur, les enfants hurlaient. Mais le responsable du groupe des croyants qui présidait ce rassemblement, se levant, dit : « Mes frères, nous allons prier. Jésus est le même hier et aujourd'hui et à jamais. Il veut nous protéger. » Tous se mirent à genoux et prièrent avec ferveur. Le Seigneur intervint de façon souveraine par un miracle.

Soudainement, une pluie torrentielle accompagnée de tonnerre et d'éclairs s'abattit sur le village. Les assaillants furent tous dispersés et la pluie éteignit l'incendie en cinq minutes. Les chrétiens rassemblés furent ainsi merveilleusement délivrés et leurs cœurs en débordaient de reconnaissance envers Dieu.

Extrait des méditations quotidiennes « Vivre aujourd’hui » - Entraide évangélique
471, avenue Victor Hugo – 26000 Valence – France


Il envoya sa Parole et il les guérit

Une dame, dans un train, se trouva en face de deux jeunes filles qui parlaient de leurs projets de voyage en Amérique et de tout l'argent qu'elles y gagneraient. « L'argent ne fait pas le bonheur, leur dit cette dame. Moi je connais un pays où l'on trouve le vrai bonheur... ». Au moment de les quitter, elle tire un Nouveau Testament de sa poche et le leur tend en disant : « Vous y trouverez les directives nécessaires pour atteindre ce pays » — « Merci, nous n'en avons pas besoin » réplique l'une d'elles, mais l'autre le prend et l'empoche.

Six ans plus tard, cette dame se retrouve dans ce même train. Une jeune femme s'assoit en face d'elle, avec une petite fille de deux ans. « Vous ne m'avez pas reconnue, dit-elle, mais vous vous souvenez sans doute des deux jeunes filles en partance pour l'Amérique auxquelles vous aviez donné un Nouveau Testament ? Après une vie aventureuse, mon amie s'est suicidée. Moi-même j'ai trouvé un bon mari. Après trois années de vie heureuse, il est tombé gravement malade. C'est alors que je me suis souvenue de votre Nouveau Testament. Nous avons commencé à le lire ensemble et mon mari y a trouvé son Sauveur. Ses forces ont rapidement décliné et il est allé rejoindre son Seigneur. Avant de mourir, il m'a suppliée de mettre ma confiance en Jésus-Christ et d'élever notre fillette dans la foi chrétienne. J'étais malade de chagrin, mais j'ai décidé de placer ma confiance pour le reste de ma vie en Celui dont parle le Nouveau Testament et Il a guérie ma douleur. »

Dorothée Hatzakortzian

×

 

LE PARDON DE JEAN

Jean était un adolescent de treize ans, un petit gars honnête, doux, toujours prêt à rendre service aux autres. A l’école, il était un élève brillant, et dans l’Assemblée chrétienne qu’il fréquentait, tous pouvaient remarquer son sérieux et la profondeur de son attachement au Seigneur Jésus. Peut-être pensez-vous qu’avec de telles qualités, Jean devait avoir beaucoup d’amis ? Hélas ! Il n’en était rien. A l’école comme dans l’Assemblée, les adolescents de son âge l’évitaient. Plus le temps passait, et plus le fossé se creusait entre lui et eux.

Jean avait été gravement malade trois ans auparavant. Il avait eu un cancer du fémur, une terrible maladie qui avait entraîné l’amputation de sa jambe gauche, et un traitement très lourd de chimiothérapie.  Au cours de cette année de souffrances, Jean avait beaucoup mûri ; à l’âge de dix ans il raisonnait déjà comme un petit homme. Il avait donné son cœur au Seigneur Jésus, et lui avait demandé le pardon de ses péchés, et l’avait reçu comme son Sauveur. A la fin du traitement, on lui avait fixé une prothèse à la place de sa jambe, et la vie avait repris son cours à peu près normalement. Mais la grande maturité qu’il avait acquise, ainsi que l’estime que lui montraient les adultes, lui avaient peu à peu attiré la jalousie des enfants de son âge. Ils étaient repris dans leur conscience en voyant ce jeune garçon infirme qui ne se plaignait jamais et qui n’approuvait ni le mensonge, ni la tricherie, ni les plaisanteries malsaines.

Alors, si Jean dérangeait, on le lui faisait savoir… Et c’était une moquerie sur sa jambe artificielle par-ci, un refus de jouer avec lui par-là… Lors des sorties, les activités choisies par les autres étaient toujours celles que Jean ne pouvait pas pratiquer ; les randonnées, le foot, etc. Toutes ces méchancetés s’enfonçaient l’une après l’autre comme des clous dans le cœur meurtri de Jean.

Un jour où ses camarades avaient été particulièrement odieux, Jean se jeta sur son lit en pleurant : « O Seigneur Jésus, s’il te plaît, donne-moi une occasion de leur montrer que je les aime, afin que leur attitude envers moi puisse changer ! » s’écria-t-il. Le lendemain, une partie de pêche était organisée. Bruno le plus âgé des ados, et aussi le plus virulent envers Jean, avait amené Sophie, sa petite sœur de trois ans. Au cours de la matinée, alors que Jean surveillait ses deux cannes, Sophie s’approcha de lui et se pencha pour toucher les poissons recueillis dans la bourriche. « Attention, Sophie, ne te penche pas autant, tu vas tomber ! » s’exclama Jean.

Alors Bruno ricana : « Regardez-moi ce « Papi conseil ! » Il me rappelle mon arrière-grand-mère : Attention à ceci, attention à cela ! Arrête de jouer le « Monsieur-je-sais-tout ». On n’a pas besoin de tes recommandations. » A peine avait-il terminé sa phrase qu’un grand plouf retentit : Sophie était tombée à l’eau ! Les ados pétrifiés la regardaient s’éloigner de la berge en tentant de se maintenir à la surface. Aucun n’osait plonger dans cette eau froide et remplie de vase.

N’écoutant que son courage, Jean ôta promptement son survêtement et se mit à détacher les fixations de sa jambe artificielle. Quelques secondes plus tard, il était à l’eau et en cinq ou six brasses vigoureuses, avait rejoint Sophie qu’il attrapa par un pied afin qu’elle ne puisse pas le déstabiliser en se débattant. Avec un seul bras et une seule jambe, il entreprit de nager vers le bord tout en maintenant solidement le pied de la petite fille. Au bout de plusieurs minutes, il s’affala, exténué, sur la rive, pendant que plusieurs filles s’occupaient de Sophie.

Lorsqu’il se redressa, il n’en crut pas ses yeux : les ados silencieux avaient fait un cercle autour de lui. Bruno qui l’avait fait tant souffrir par ses moqueries et sa jalousie avait les yeux mouillés de larmes. « Pardonne-moi, Jean, j’ai été méchant envers toi depuis trois ans, et toi, aujourd’hui, tu as sauvé ma petite sœur de la noyade ! » Les autres ados, les uns après les autres enchaînèrent : « Pardonne-nous ! Nous t’avons fait du mal, et tu nous as rendu le bien ! Tu es meilleur que nous, Jean ! Nous voulons dorénavant être de bons camarades  pour toi ! »

Jean, sans avoir honte des larmes de joie qui coulaient sur ses joues, s’écria : « Oui, mes amis, je vous pardonne ! Je veux que vous sachiez que je vous aime tous et que je désire de tout mon cœur que nous devenions de bons amis. » Le soir, seul dans sa chambre, Jean remercia le Seigneur Jésus : « O Seigneur, je suis tellement heureux d’avoir pu te ressembler aujourd’hui, toi qui as pardonné à chacun d’entre nous ! Donne-moi, à l’avenir, de toujours pardonner à ceux qui me font du mal ! »


×

 

Un messager aveugle

Je ne l’oublierai jamais, non, je ne l’oublierai jamais !

C’est un événement qui a marqué ma vie, et y restera gravé tant que je vivrai. C’était une belle journée ensoleillée, et la chaleur était telle, qu’il était impossible de se déplacer sans être incommodé. Nous roulions en voiture et la température était insupportable malgré les vitres baissées. Je ne sais pourquoi, mais j’avais l’impression que j’allais au devant d’une expérience inoubliable !

Nous nous arrêtâmes  devant une petite maison et une aimable vieille dame nous accueillit sur le porche. Je suis aussitôt introduit dans une grande pièce où un homme à cheveux blancs était assis, l’air absent. Il portait des lunettes noires et je ne savais pourquoi. Il était aveugle, il n’avait plus de bras et en plus de cela, il était paralysé.

En jetant un regard circulaire dans la pièce, j’aperçus ça et là de grandes plaques étalées par terre. C’était la Bible de l’aveugle. Le vieil homme avait une figure rayonnante, et la chose qui me frappa le plus dans cette pièce fut la quiétude et la paix qui y régnaient. Volontiers, il me raconta sa vie, une bien triste histoire.

Il y a quelques années, me dit-il, j’eus un accident terrible. Là, je perdis mes yeux et mes bras. Oh ! Comme tout était devenu noir ! Je me demandais avec anxiété ce que l’avenir me réservait. Je voulais mourir. Mais un jour, j’ai rencontré le Prince des lumières : Jésus-Christ, je l’acceptai dans mon cœur par la foi comme mon Sauveur personnel et Il me donna une paix intérieure qui dépasse toute compréhension. Malgré ma cécité, je reçus une lumière que je n’avais jamais expérimentée auparavant, c’était Christ lui-même qui entra dans mon cœur. Mais cette nouvelle vie, cette nouvelle naissance créa en moi un profond désir de lire et sonder la Parole de Dieu, la Bible. Mais comment pouvais-je lire la Bible en braille ? Elle ne pouvait m’être d’aucun secours, car je n’avais pas de doigts.

Un jour, le Saint-Esprit me dit : « Mac Pherson, tu peux apprendre à lire la Bible avec ta langue. » Je demandai donc une Bible et commençai à apprendre. Oh ! Il me fallut longtemps pour déchiffrer, et je dus apprendre à être patient (Je vis sa figure s’illuminer pendant qu’il continuait son histoire avec ferveur.) mais à la fin, j’arrivai à lire.

Pendant tout le temps qu’il parlait, je ne pus retenir les larmes qui brûlaient mes yeux. Après qu’il eut fini, je lui demandai : « Mon cher ami, voulez-vous lire un passage de la Bible pour moi ? » Aussitôt arriva ce quelque chose que je n’oublierai jamais ! Le vieillard à cheveux blancs commença à lire avec sa langue. D’abord, il toucha les caractères avec précaution puis me traduisit sa lecture mot par mot : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Réjouissez-vous ! » 
« Ami ! «  lui demandais-je, « Combien de chapitres de la Bible avez-vous lu de cette manière ? » « Chapitre ! » s’exclama-t-il, et il sourit. « J’ai déjà lu plusieurs fois la Bible, de la première à la dernière page. » Je ne posai plus de questions, mon être entier en était tout remué. 
En quittant Mac Pherson, je me réjouis dans le Seigneur, et du plus profond de mon cœur lui demandai : « Aide-moi Seigneur à rechercher Ta volonté dans la Parole et à y puiser pour ma vie quotidienne Tes merveilleux trésors. »

Mac Pherson fut l’un des plus grands messagers qui marquèrent ma vie. En sortant, je ne sentais plus la chaleur étouffante du dehors, mais une nouvelle chaleur inondait mon cœur.

 

 

×

 

Un messager aveugle

Je ne l’oublierai jamais, non, je ne l’oublierai jamais !

C’est un événement qui a marqué ma vie, et y restera gravé tant que je vivrai. C’était une belle journée ensoleillée, et la chaleur était telle, qu’il était impossible de se déplacer sans être incommodé. Nous roulions en voiture et la température était insupportable malgré les vitres baissées. Je ne sais pourquoi, mais j’avais l’impression que j’allais au devant d’une expérience inoubliable !

Nous nous arrêtâmes  devant une petite maison et une aimable vieille dame nous accueillit sur le porche. Je suis aussitôt introduit dans une grande pièce où un homme à cheveux blancs était assis, l’air absent. Il portait des lunettes noires et je ne savais pourquoi. Il était aveugle, il n’avait plus de bras et en plus de cela, il était paralysé.

En jetant un regard circulaire dans la pièce, j’aperçus ça et là de grandes plaques étalées par terre. C’était la Bible de l’aveugle. Le vieil homme avait une figure rayonnante, et la chose qui me frappa le plus dans cette pièce fut la quiétude et la paix qui y régnaient. Volontiers, il me raconta sa vie, une bien triste histoire.

Il y a quelques années, me dit-il, j’eus un accident terrible. Là, je perdis mes yeux et mes bras. Oh ! Comme tout était devenu noir ! Je me demandais avec anxiété ce que l’avenir me réservait. Je voulais mourir. Mais un jour, j’ai rencontré le Prince des lumières : Jésus-Christ, je l’acceptai dans mon cœur par la foi comme mon Sauveur personnel et Il me donna une paix intérieure qui dépasse toute compréhension. Malgré ma cécité, je reçus une lumière que je n’avais jamais expérimentée auparavant, c’était Christ lui-même qui entra dans mon cœur. Mais cette nouvelle vie, cette nouvelle naissance créa en moi un profond désir de lire et sonder la Parole de Dieu, la Bible. Mais comment pouvais-je lire la Bible en braille ? Elle ne pouvait m’être d’aucun secours, car je n’avais pas de doigts.

Un jour, le Saint-Esprit me dit : « Mac Pherson, tu peux apprendre à lire la Bible avec ta langue. » Je demandai donc une Bible et commençai à apprendre. Oh ! Il me fallut longtemps pour déchiffrer, et je dus apprendre à être patient (Je vis sa figure s’illuminer pendant qu’il continuait son histoire avec ferveur.) mais à la fin, j’arrivai à lire.

Pendant tout le temps qu’il parlait, je ne pus retenir les larmes qui brûlaient mes yeux. Après qu’il eut fini, je lui demandai : « Mon cher ami, voulez-vous lire un passage de la Bible pour moi ? » Aussitôt arriva ce quelque chose que je n’oublierai jamais ! Le vieillard à cheveux blancs commença à lire avec sa langue. D’abord, il toucha les caractères avec précaution puis me traduisit sa lecture mot par mot : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Réjouissez-vous ! » 
« Ami ! «  lui demandais-je, « Combien de chapitres de la Bible avez-vous lu de cette manière ? » « Chapitre ! » s’exclama-t-il, et il sourit. « J’ai déjà lu plusieurs fois la Bible, de la première à la dernière page. » Je ne posai plus de questions, mon être entier en était tout remué. 
En quittant Mac Pherson, je me réjouis dans le Seigneur, et du plus profond de mon cœur lui demandai : « Aide-moi Seigneur à rechercher Ta volonté dans la Parole et à y puiser pour ma vie quotidienne Tes merveilleux trésors. »

Mac Pherson fut l’un des plus grands messagers qui marquèrent ma vie. En sortant, je ne sentais plus la chaleur étouffante du dehors, mais une nouvelle chaleur inondait mon cœur.

 

×

 

Le neurochirurgien

Le chirurgien de deux sœurs siamoises en salle d’opération

 

Le neurochirurgien Ben Carson est depuis 1984 directeur du service de neurochirurgie pédiatrique à l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore, USA. C’est le médecin qui a dirigé la séparation de deux sœurs siamoises allemandes, Tabéa et Léa Block. Il a reçu d’innombrables distinctions pour son service, et écrit divers livres.

Interview avec le chirurgien

Ben Carson croit en Dieu. Dans l’interview suivante, il parle aussi bien de son travail que de sa relation avec Jésus-Christ.

Vous êtes souvent confronté à des situations très difficiles, dans votre profession de neurochirurgien. Comment réussissez-vous à dominer vos sentiments ?

B.C. : C’est relativement simple, parce que je dois chaque jour me préoccuper de problèmes très complexes. Je sais bien que le malheur nous guette toujours dans un coin. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles les neurochirurgiens  meurent plutôt jeunes. Notre espérance de vie n’est en moyenne que de 59 ans.  Nous sommes constamment surmenés, et cela jour après jour.

Mais en ce qui me concerne, la tâche n’est pas tout à fait aussi fatigante que pour la plupart de mes collègues, car Dieu se tient auprès de moi. C’est à Lui qu’est dû le remerciement pour tout le bien qui m’arrive, mais Il contrôle aussi les moins bonnes choses dans ma vie. La seule chose qu’Il attend de moi, c’est que je donne le meilleur de moi-même. C’est tout ce que je dois faire – et si cette pensée domine mon esprit, le stress m’est en grande partie ôté.

Il y a quelque temps, on a diagnostiqué chez vous le cancer. Comment pouvez-vous, envers et contre tout, croire en la fidélité de Dieu et en Sa toute-puissance ?  

B.C. : Naturellement¸ il m’a fallu beaucoup réfléchir lorsque l’été dernier, je fus confronté au diagnostic  « cancer agressif de la prostate».  Cela n’a pas simplifié les choses.  Je me soumets régulièrement, chaque année, à un check up médical – et cette fois-là tout était o.k., jusqu’à un petit problème.  Je me rendis donc chez l’urologue  qui me prescrivit des antibiotiques. Mon problème, toutefois, ne fut pas résolu. Après plusieurs examens, je reçus enfin un rapport médical surprenant. J’étais justement en train d’opérer, quand l’infirmière me mit le téléphone à l’oreille et que le diagnostic me concernant me fut annoncé : « Cancer agressif de haut degré ». 

Dans l’immédiat, je me suis dit : « Laissez-moi d’abord terminer cette opération ».   J’ai chassé, pendant quelques heures, cette mauvaise nouvelle de mon esprit. Mais le soir, quand je retournai à la maison, la nouvelle me frappa d’autant plus violemment – j’ai le cancer et je peux en mourir ! Je pensai immédiatement à ma famille et me demandai comment cette maladie allait bouleverser notre vie à tous.

On m’opéra et tout se passa pour le mieux. La tumeur put encore être enlevée juste à temps ; je suis aujourd’hui à nouveau en bonne santé. Comme Dieu est bon – C’est  tout ce que je peux dire ! J’ai raconté à tout le monde que Dieu  est trop sage pour commettre des erreurs et que, quand le moment sera venu pour moi de quitter cette terre, il en  sera bien ainsi. Dieu sait mieux que moi ce qui est bon pour moi et je suis satisfait de cela. Je m’étais parfois demandé quelle serait mon attitude face à un pareil coup du sort ; mais je fus positivement surpris en constatant combien j’étais resté calme.

Comment alliez-vous votre foi à votre travail ?

B.C. : Je commence chaque journée par un moment de recueillement. Je lis la Bible, médite un instant sur le texte et prie.  J’essaye, dans tout ce que je fais, d’avoir Dieu devant mes yeux. Je me dis à moi-même : « Tu es chrétien. Tu représentes Jésus-Christ. » Cela signifie que tout ce que je fais, chaque mot qui sort de ma bouche, rend témoignage de cela, et ce message doit s’adresser aux autres. J’essaye simplement de persister dans cette résolution – quoi qu’il advienne et quoi qu’en disent les gens.

Vous avez grandi dans un milieu social très modeste. Malgré cela, vous avez étudié à l’Université américaine de Yale, fréquentée seulement par une certaine élite. Comment êtes-vous parvenu à cela ?

B.C. : J’ai grandi à Detroit, ainsi qu’à Boston ; je n’ai pas eu une enfance facile. Nous n’avions jamais d’argent. A l’endroit où nous habitions, il y avait des quantités de souris et de rats, des hurlements de sirène et des gangs de rue. C’était surtout le cas à Boston, où nous habitions au milieu d’un affreux lotissement. Plus d’une fois, j’ai vu des personnes couchées sur le sol, ou même mortes. Deux de mes cousins furent assassinés. Je doutais parfois pouvoir dépasser l’âge de 25 ans moi-même.

A l’âge de 14 ans, je tentai de poignarder un autre jeune. La lame de mon couteau se heurta à la boucle de sa ceinture et se cassa. Après cela, je m’enfermai dans la salle de bain, et me mis vraiment à réfléchir. Ce jour-là, je commençai à lire la Bible. Je lus le livre des Proverbes – et priai beaucoup. Dieu m’ôta mon esprit d’agressivité, et je pris lentement conscience de la puissance de Dieu et de tout ce que, dans sa grâce, Il confie à l’un et à l’autre.

A l’âge de huit ans, j’avais, à vrai dire, déjà donné ma vie à Dieu, mais c’est seulement six ans plus tard que je réalisai ceci : En fait, il m’était possible de vivre dans n’importe quel milieu et de parvenir à tout faire, dans la mesure où je découvrais et développais progressivement le potentiel que Dieu m’avait donné.

Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui lisent le livre des Proverbes.

B.C. : Les Proverbes sont pleins de sagesse et de directives. Ils parlent d’un insensé qui pensait que seule sa propre voie était la bonne et n’écoutait personne. En d’autres termes, selon lui : la voie de l’insensé doit toujours être la bonne. C’est ce je pensais moi aussi étant jeune. Mais suite à ma lecture des Proverbes durant plusieurs journées entières, je discernai soudain l’importance des préceptes bibliques suivants : « Ecoute ta mère ; écoute celui qui t’enseigne ». C’est ainsi que je me mis à l’écoute de Dieu et à recevoir de Lui des directives pour chacune de mes journées.

Vous avez grandi dans des conditions difficiles. Malgré cela, vous avez, dès l’âge de huit ans, confié votre vie à Dieu.

B.C. : Oui, je me souviens d’une histoire que notre pasteur nous a racontée. Il s’agissait de missionnaires qui étaient persécutés. Ils furent obligés de fuir et se trouvèrent soudain sur une falaise dans laquelle ils découvrirent une grotte ; ils s’y réfugièrent. Ceux qui les poursuivaient arrivèrent et se trouvèrent sur le haut de la falaise, pour ainsi dire directement au-dessus d’eux. Mais ils ne parvinrent pas à mettre la main sur eux.  – Ensuite, le pasteur tira un parallèle disant que Dieu peut nous protéger de tout, même dans les situations les plus désespérées, car Il prend  Lui-même soin de nous. Ce témoignage m’a fasciné. J’ai pris dès lors la résolution de vivre avec Dieu.

Qu’est ce qui vous enthousiasme le plus en Dieu aujourd’hui ?

B.C. : Son amour – il m’enthousiasme vraiment. Dieu nous aime, et il a envoyé Son Fils mourir pour nous.  Pouvez-vous vous imaginer cela ?  - Dieu a assez de puissance pour créer tout l’univers et Il aime tant Ses créatures qu’il s’est abaissé Lui-même jusqu’à nous. Il s’est laissé cracher dessus, battre, piétiner, et même clouer sur la croix. Et pourtant, Il a la puissance de mettre fin à  tout par un simple claquement de doigt. Cela me touche vraiment. Je le remercie chaque jour pour Son amour extraordinaire.

(Extrait d’un magazine allemand)
Dorothée Hatzakortzian

 

×

 

Si pauvre, et pourtant si riche !

Je n'oublierai jamais Noël 1946. J'avais 14 ans, ma sœur Ocy en avait 12 et ma sœur aînée, Darlene, 16. Nous vivions chez notre mère, et savions ce que signifiait être privé de beaucoup de choses.

Mon père était décédé cinq ans auparavant, laissant derrière lui, sans moyens de subsistance, ma mère et ses sept enfants, dont 3 étaient encore en âge de scolarité. Mes sœurs aînées étaient déjà mariées, et mes frères avaient quitté la maison.

Un mois avant Noël, le pasteur annonça qu’à cette occasion, une collecte serait faite pour aider une famille pauvre de l’église. Il demanda à chacun d'économiser de l'argent pour cela.

Notre famille tint aussi conseil pour savoir comment contribuer à cette collecte. Le résultat fut que pendant un mois, il nous fallait vivre en nous limitant à 25 kg de pommes de terre. De cette façon il nous serait alors possible d'économiser un peu d'argent du ménage, que nous pourrions donner en faveur de cette famille pauvre. Il fallait aussi songer à allumer la lumière le moins possible, à ne pas écouter la radio, etc. ; ainsi notre facture d'électricité s'en trouverait quelque peu diminuée. Darlene s’est aussi proposée pour faire le plus de ménages possibles. Elle et moi allions également faire du baby sitting chez toutes sortes de gens. Pour quelques Euros, nous pourrions ainsi acheter assez de laine pour pouvoir fabriquer des cache-pot et les vendre pour un Euro pièce.

Nous gagnâmes 20 Euros avec les cache-pots. Ce mois-là fut l'un des meilleurs de notre vie. Chaque jour, nous comptions l'argent ainsi récolté. La nuit, assises dans l'obscurité, nous nous imaginions combien la famille pauvre allait se réjouir à propos de ce que nous allions pouvoir leur donner.

Nous étions, dans notre église, environ 80 personnes. Quel que soit le montant que nous donnerions, le don serait certainement 20 fois plus grand, car le pasteur nous avait rappelé chaque dimanche qu'il fallait économiser pour cela.

La semaine avant Noël, Ocy et moi allâmes au magasin, pour changer nos petites pièces de monnaie ainsi économisées en trois billets de 20 Euros flambant neufs et un billet de 10 Euros. Nous courûmes tout le long du chemin nous ramenant à la maison pour les montrer à notre maman et à notre grande sœur Darlene. Nous n'avions jamais possédé autant d'argent auparavant. Ce soir-là, nous étions tellement excitées que nous pûmes à peine dormir. Nous avions économisé 70 Euros toutes ensemble pour cette collecte de Noël.

Nous pouvions à peine attendre le moment pour nous rendre à l'église. Ce dimanche-là, il faisait froid et humide et il pleuvait à torrents. Nous ne possédions pas de parapluie et l'église se trouvait à 1 ½ Km de notre maison. Arrivées à l’église nous étions toute mouillées, mais tellement fières ; nous y avons immédiatement pris place.

J'entendis, derrière nous, quelques personnes tenir une conversation dans laquelle elles faisaient la remarque que nous portions de vieux vêtements. Lorsque tous mirent leur offrande dans la corbeille, nous étions assises au deuxième rang. Maman mit le billet de 10 Euros dans la corbeille, et nous les filles, y mîmes chacune l'un des 3 billets de 20 Euros.

Sur le chemin du retour, nous nous mîmes à chanter tout le long du chemin. Pour le déjeuner, notre maman nous avait préparé une surprise. Elle avait acheté quelques saucisses. Nous mangeâmes pour la première fois, cette année-là, de délicieuses saucisses avec des pommes de terre sautées.

En fin d'après-midi, le pasteur arrêta sa voiture devant notre porte. Maman alla ouvrir, parla un moment avec lui, et revint avec une enveloppe dans sa main, sans dire un seul mot. Elle ouvrit l'enveloppe et en sortit une liasse de billets de banque. Il y avait trois billets de 20 Euros tout neufs, un billet de 10 Euros et dix-sept pièces d'un Euro. Maman remit l'argent dans l'enveloppe. Nous nous tûmes, restant seulement assises là, le regard fixé sur le sol. Un sentiment étrange nous animait.

Nous les enfants menions une vie tellement heureuse que nous plaignions tous ceux qui n'avaient pas une famille heureuse comme la nôtre. Nous n’avions pourtant même pas assez de cuillères et de fourchettes pour chaque membre de la famille, si bien que nous trouvions amusant de partager les couverts entre nous, et de voir, chaque soir, qui aurait une cuillère et qui une fourchette ! Je savais que nous étions privés de beaucoup de choses que les autres avaient, mais il ne m'était jamais venu à l'idée que nous étions pauvres.

En ce dimanche précédent Noël, je découvris donc pour la première fois que nous étions pauvres. Le pasteur nous avait apporté l'argent collecté pour une famille pauvre. Selon lui, nous devions donc l’être.

Pour la première fois, je me surpris à regarder mes vêtements et mes chaussures usagées, et à avoir terriblement honte, si bien que je ne voulais même plus aller à l'église. Là-bas, tous devaient déjà savoir que c’était nous, la famille pauvre ! Nous restâmes longtemps assises là, en silence. Puis il se mit à faire sombre, et nous allâmes nous coucher. Pendant toute la semaine, chacune d’entre nous avons vaqué à nos occupations coutumières, mais sans dire un mot.

En cette veille de Noël, maman nous demanda finalement ce que nous désirions faire de cet argent. Nous ne voulions pas aller à l'église ce soir-là, mais elle nous exhorta vivement de nous y rendre. Bien que ce fût un beau jour de décembre, la neige venant de tomber, nous ne prononçâmes aucun mot en chemin.

A l’église, notre maman commença à chanter, mais aucune de nous ne se joignit à elle. Après la première strophe, elle s’arrêta elle aussi. Ce soir-là, c'était un missionnaire qui faisait la prédication. Il raconta que des églises, en Afrique, étaient construites avec des briques séchées à l'air et qu’elles avaient toutefois besoin d'argent pour leur mettre un toit, et que cela coûterait environ 100 Euros. Le pasteur annonça : " Ne pouvons-nous pas tous faire une offrande pour aider ces pauvres gens ? " Nous nous regardâmes les unes les autres, et nous nous mîmes à sourire pour la première fois cette semaine-là. Notre maman plongea la main dans son sac et en retira la fameuse enveloppe contenant nos 87 Euros. Elle la donna à l’aînée Darlene, qui me la remit, et je la donnai à ma petite sœur Ocy, qui la mit dans le tronc.

Après que l'argent fût compté, le pasteur annonça qu'un peu plus de 100 Euros avait été donné pour le missionnaire et ses églises en Afrique. – Ce dernier n'avait pas attendu un don aussi grand de la part d’une si petite communauté. Il déclara : " Vous devez avoir des gens riches dans votre église ! "

Nous comprîmes soudain ce qui s’était passé ! Nous avions, nous, donné 87 Euros dans cette offrande dépassant à peine les 100 Euros. C’était donc nous la famille soi-disant riche dans l'église, que le missionnaire avait évoquée.

A partir de ce jour-là, je ne me suis plus jamais sentie pauvre. Au contraire : je me suis toujours souvenue combien, en possédant Jésus, j'étais devenue riche !

(Extrait d’Entscheidung, Magazine allemand, par Dorothée Hatzakortzian)

×

 

Un accident terrible…

Lorsque mes yeux s’ouvrirent, je me trouvais dans un hôpital de Houston, et pouvais, pour la première fois, à nouveau penser clairement. Je pris connaissance de mon état. Ma poitrine était couverte d’un linge, comme si j'avais été chez le dentiste pour me faire arracher des dents. A ce moment-là, un violent coup de vent souffla par la fenêtre de ma chambre d'hôpital et souleva le linge. Pétrifiée, je regardai mon corps : je n'avais plus de bras !

Alors que j'étais une jeune fille de 12 ans, j'avais accepté Jésus comme mon Sauveur. Mais à présent, ma prière se limitait à une seule chose : je voulais mourir ! J'étais dentiste et sur le point de passer l'examen. Une dentiste a besoin de ses bras et de ses mains pour travailler sur la plus petite surface du corps humain. Or, je n'avais plus de bras et plus de mains. Que s'était-il donc passé ? 

Un bel après-midi de dimanche, des amis m'avaient invitée à faire un tour en bateau à voile. Ellen, mon amie, était également dentiste, mais elle avait un semestre d'avance sur moi. Elle me dit: "Tu m'as aidée à mettre mon bateau en bon état. Maintenant, je voudrais t’offrir ce plaisir."  Le doyen de notre institut dentaire et deux étudiants voyageaient avec nous. Notre doyen proposa de faire escale sur une baie sablonneuse, dans laquelle on pouvait particulièrement bien nager. Un pont, auquel était attaché une ligne à haute tension, formait une voûte au-dessus de la baie.

A un moment donné nous eûmes faim et préparâmes notre bateau à repartir.  Pendant que nous nous éloignions de la baie, je me rendis avec l'un des étudiants à l'avant du voilier, vers la proue. A la surface de l'eau se reflétait le soleil couchant. Lorsque je saisis la chaîne de l'ancre, mon compagnon empoigna mes pieds, pour me taquiner. Je balançai alors mes jambes sur le bastingage, de sorte qu'il ne put continuer à m’agacer. Mais il mit ses mains sur mes épaules.

A l’instant même où nous étions dans cette position, notre mât heurta la ligne à haute tension du pont qui, à la lueur du soleil couchant, était maintenant presque invisible. Une décharge de courant de 12.000 volts sortant de la ligne à haute tension passa par le mât de notre bateau, avant d'atteindre la chaîne de l'ancre que je tenais dans ma main. Comme un éclair, elle traversa mes bras, et de ce fait, aussi le corps de l'étudiant qui avait ses mains sur mes épaules. Le courant relia  les extrémités de la chaîne de l'ancre et brûla  mes bras. Il épargna mes épaules, mais passa à toute allure à travers les bras, les mains et les pieds du jeune homme qui se tenait derrière moi. Le sifflement et la détonation du courant persistèrent jusqu'à ce qu'Ellen saisisse la pagaie et l'agite, afin d'interrompre la connexion entre la ligne de courant et le mât du bateau. Je tombai par-dessus bord et coulai jusqu'au fond du lac. Mes amis s’empressèrent de me retirer de l'eau et constatèrent avec bonheur que j'étais encore en vie. Mais le jeune homme qui s'était tenu derrière moi avait été électrocuté par le courant et était mort.

Pendant deux ou trois semaines, j'étais très faible et abasourdie. De temps à autre, je criais, la douleur devenant insupportable. Puis on m’administra davantage de piqûres de morphine. Je ne m’étais pas rendue compte que l'on m'avait amputée des deux bras. Je vivais des choses terribles. Je ressentais des douleurs fantomatiques, c’est-à-dire que je sentais encore mes bras jusqu'au bout des doigts, bien que je ne les eusse plus depuis longtemps. J’ai commencer à douter de ma foi. Mais deux personnes me soutinrent merveilleusement à ce moment-là: ma mère et le doyen de notre institut dentaire.

Ma mère était une femme merveilleuse . Elle-même avait derrière elle une vie bien difficile. Se tenant au chevet de mon lit, elle me dit: "Margot, Dieu a voulu que tu restes en vie. Il a un plan pour toi. Nous allons le découvrir." Et le doyen me montra à quoi ce plan allait ressembler, en me disant: "Nous  avons pensé que vous pourriez revenir chez nous, à l'institut. " Furieuse, je le fixai du regard, en disant: "Vous êtes fou ? " Il répondit: "Non, nous avons une quantité de dentistes avec des mains, mais nous pourrions engager quelqu'un avec une bonne tête."

A ce moment-là, quelque chose en moi se mit à espérer. Si lui et ma mère pensaient que je pouvais encore réussir à faire cela, alors il fallait que moi je m’efforce à en faire l’essai. Mais je voulais une claire confirmation de Dieu et lui demandai dans la prière: "Seigneur, je ne peux pas réussir cet examen par mes propres moyens. Si Tu veux que je reste à l'institut, alors fais que mes notes à l’examen soient si bonnes que je m'en trouve encouragée. Lorsque les résultats de mes examens furent connus, je constatai que je les avais brillamment réussi.

En septembre, trois mois après l'accident, je retournai à la faculté. Je regardai  les autres travailler sur des patients, et essayai de tout apprendre sur la médecine dentaire préventive.  J'ai alors tenté de me remettre au  travail  avec des bras artificiels, mais ils étaient une charge plutôt qu’une aide. C'est ainsi que je fus surnommée la jeune fille aux manches vides. Le jour de l'examen final, le doyen m'accrocha mon diplôme autour du cou. Il me fut permis d'enseigner, et c'est ce que je fais encore aujourd’hui. Chaque matin, en m'éveillant, je remercie le Seigneur pour cette profession qui est la mienne. J'enseigne l'odontologie préventive et dirige une clinique qui traite les patients atteints de maladies buccales.

Depuis cet accident, 40 ans ont passé. Maintenant, je me sers d'une prothèse avec un crochet. Grâce à cela, je peux conduire ma voiture. Mais pour écrire ou faire la cuisine, je coince le crayon ou la cuillère en bois entre mes molaires. Je suis mariée et j'ai deux fils adultes, ainsi que deux petits-enfants. Mon mari a toujours été un merveilleux soutien pour moi. Il a beaucoup contribué à ma réhabilitation.

Ma vie est riche et Dieu me donne toujours la force de me concentrer sur ce qui est positif. Naturellement, j'ai aussi mes doutes et mes déceptions, mais je n'ai jamais eu le sentiment que Dieu ne m'aimait pas. Pour moi, cette  parole de l'apôtre Paul est devenue importante: "Oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but ..." (Philippiens 3: 13)

Je remercie le Seigneur de m'aider et de continuer à m'utiliser.

Extrait du magazine allemand "Entscheidung" 5/2003
(autorisation accordée à Dorothée Hatzakortzian)

×

 

UNE MESURE DE GRÂCE PRESQUE INCONCEVABLE !

Yang-won Son était un prédicateur de l’Evangile en Corée et il eut beaucoup à souffrir à cause de sa foi. Pendant la seconde guerre mondiale, lorsque la Corée fut occupée par les Japonais, Son resta longtemps emprisonné. – Il avait refusé d’accorder à l’empereur la vénération divine exigée.

Après la guerre, en 1948, la ville Soon-chun, dans laquelle les deux fils aînés du pasteur allaient à l’école, fut occupée pendant quelques jours par des partisans communistes. Plusieurs policiers et les hommes en charge de diriger la ville furent fusillés sans autre forme de procès.

Les rebelles avaient aussi les chrétiens en vue. Matthieu et Jean, les deux fils de Yang-won Son, refusèrent de renoncer à leur foi et furent fusillés eux aussi.

 

Les rebelles ne purent se maintenir qu’une semaine dans la ville. Des soldats du gouvernement vinrent à Soon-chun et la page se tourna. Dès lors, tous ceux qui avaient participé à l’insurrection furent arrêtés. Il se trouvait parmi eux Chai-sun, un jeune garçon, qui avait pris part à l’exécution des deux chrétiens. Pour cela, il devait maintenant payer de sa vie.

Le pasteur Son, qui prenait soin d’un village de lépreux à proximité de la ville, avait entendu dire qu’on avait retrouvé les traces des meurtriers de ses fils. Comment réagit-il à cela ? Voulait-il lui-même faire acte de vengeance ? Ou serait-il satisfait à la pensée que la justice vaincrait et que les meurtriers auraient à payer de leur vie pour le meurtre de ses fils qui lui avaient donné tant d’espoir? Ou bien alors, allait-il s’employer à ce que la peine de mort soit changée en emprisonnement à vie ? Ce qui serait certainement déjà très généreux de sa part !

Comment le pasteur coréen Yang-won Son réagit-il en apprenant que l’on était à la poursuite des meurtriers de ses fils dans le but de les exécuter ? Il agit tout à fait différemment de ce que l’on attendait : Il envoya sa fille de treize ans, Rachel, en ville. Et lorsque Rachel apparut sur le lieu d’exécution, celle-ci apporta une nouvelle qui ébranla toutes les personnes présentes : « Mon père  demande que celui qui a tué mes frères … » Et elle dut ravaler ses mots….Mais avec détermination, elle se mordit les lèvres et poursuivit : »… ne soit ni tué ni maltraité … » Puis elle fondit en larmes ! L’étonnante requête du père Son ne s’arrêta pas là : Il demanda l’autorisation d’adopter le meurtrier de ses fils.

Sa demande fut finalement agréée ; le meurtrier Chai-sun fut adopté par le père Son et accueilli dans sa famille.

Cet événement émouvant a suscité beaucoup d’intérêt. C’est cela la grâce : un cadeau pour un meurtrier qui aurait mérité le contraire.

C’est exactement cette chance incroyable que Dieu offre à chaque homme.  Nous tous sommes consciemment ou inconsciemment complices dans la mort de son Fils Jésus-Christ, qui mourut pour nos péchés. Et maintenant, Dieu veut nous adopter comme ses enfants, nous accueillir dans sa famille et faire de nous ses  héritiers. C’est là, la mesure de l’inconcevable grâce de Dieu !


RIEN N’EST IMPOSSIBLE À DIEU !

Paul était un très jeune apprenti chez Jean, son grand frère. Leur mère, veuve, habitait avec eux. Un jour Jean demanda à son petit frère, avec force recommandations et en lui tendant une grosse coupure, de se rendre à la banque faire de la monnaie. Pour s'y rendre, il fallait franchir un pont, où d'autres jeunes l'invitèrent avec insistance à jouer avec eux. Il déposa machinalement sa casquette sur le parapet, tout en glissant le billet dessous. Un coup de vent envoya casquette et billet dans la rivière. Stupéfaction de Paul ! On ne retrouva que la casquette. Que faire ? Il appréhendait de confesser sa négligence à son frère. Sa mère partagea, avec larmes, son désarroi. « Je ne sais quel conseil te donner. Mais le seul qui peut nous aider, c'est Dieu, notre Seigneur. Il a dit : « Invoque-moi au jour de la détresse et je te délivrerai » La mère implora le Seigneur. Persuadée qu'à Dieu rien n'est impossible, entraînant Paul, elle se rendit vers le pont. Et alors, miracle ! Une branche affleurant l'eau retenait une touffe de feuillages. À l'aide d'un bâton, la mère réussit à tirer ce paquet vers le bord. Il renfermait bel et bien le billet ! Paul arriva au guichet juste avant la fermeture.
Cet incident et la prière de sa mère furent à l'origine de sa conversion à Jésus-Christ et de son engagement dans une Mission chrétienne en Afrique du Sud.

(Histoires tirées de magazines allemands par Dorothée Hatzakortzian)

×

 

Une bouillotte pour l’Afrique… ?

Prière d’une petite fille que Dieu a merveilleusement exaucée :

« Seigneur, donne-nous, s’il te plaît, une bouillotte. Seigneur, ce n’est pas bien si tu nous la donnes seulement demain. Le bébé sera déjà mort d’ici là. Nous en avons besoin cet après-midi. »

Il y a plusieurs années, je travaillais comme médecin quelque part sur le vaste continent africain. Une nuit, alors que le soleil s’était déjà couché depuis bien longtemps, certains événements se sont soudain bousculé … mais lisez vous-même !

J’ai aidé une mère à mettre son deuxième enfant au monde. Ce fut un accouchement difficile. Et malgré tous nos efforts, nous ne pûmes sauver la vie de la jeune femme. Elle mourut – en nous laissant tout ce qu’elle possédait : un minuscule bébé né beaucoup trop tôt, et la sœur plus âgée, qui pouvait peut-être avoir deux ans.

Immédiatement, nous nous vîmes confrontées à un grand défi, celui de garder ce petit être en vie par n’importe quel moyen. Il n’y avait pas de couveuse ; et même si nous en avions eu une, elle aurait été inutile, car le courant électrique nécessaire manquait. On manquait de tout, même d’une nourriture appropriée pour bébés.

Nous habitions en Afrique équatoriale où les nuits sont souvent très froides, et les vents glacials, sournois. Résignée, l’une de nos sages-femmes quitta la pièce, pour aller chercher la petite caisse dans laquelle nous mettons tous les bébés partageant le même sort.  Elle avait en outre apporté du coton, sur lequel nous voulions poser le corps très amaigri.

Une autre femme se dirigea alors vers un feu. Elle en attisa les flammes, mit de l’eau à chauffer, voulant ainsi préparer une bouillotte. Peu de temps après, elle revint affolée: La bouillotte avait éclaté. «C’était la dernière que nous avions», murmura-t-elle. Comme on dit parfois dans notre monde occidental: «Ne pleurons pas sur du lait gaspillé», on pourrait peut-être dire en Afrique: «Inutile de s’agiter à cause de bouillottes déchirées». Elles ne poussent pas sur les arbres et on ne peut malheureusement les acheter dans aucun magasin de la jungle. On en trouve d’ailleurs presque nulle part.

Mon conseil fut donc le suivant: «Puisqu’il n’y a plus de bouillotte, mesdames, placez le bébé entre vous deux pour cette nuit et dormez aussi près du feu que possible. Prenez garde au vent froid. Votre seule tâche sera de veiller à ce que le bébé ait chaud toute la nuit.

Le jour suivant, je me rendis vers midi à l’orphelinat qui se trouve sur le terrain de notre mission. Comme d’habitude, nous avions rendez-vous là, pour la prière. Je parlai donc à tous du nouveau-né venu au monde la nuit dernière. Je leur expliquai notre grand problème, qui consistait à ce que le bébé ait suffisamment chaud. Je leur parlai aussi de la bouillotte abîmée et du danger causé par le vent froid. Je les informai également au sujet de la sœur plus âgée, qui ne cessait de pleurer parce que sa mère était morte.

Tandis que nous priions ensemble, j’entendis soudain Ruth, une fillette de dix ans, qui disait: «Seigneur, donne-nous s’il te plaît une bouillotte. Seigneur, ce n’est pas bien si tu nous la donnes seulement demain. Le bébé sera mort d’ici là. Nous en avons besoin cet après-midi.» Puis elle poursuivit: «Et, Seigneur, envoie-nous s’il te plaît aussi une poupée pour sa sœur. Elle verra alors que tu l’aimes elle aussi vraiment.»

Je me sentis tout à coup coincé. Connaissez-vous cela aussi? Devais-je vraiment dire «Amen» à cette prière, alors qu’au fond de mon coeur je ne croyais pas vraiment que Dieu exaucerait une telle prière? Je sais, bien sûr, que Dieu est Tout-Puissant et qu’il est capable de tout faire. La Bible le dit. Mais il y a aussi des limites, n’est-ce pas? La seule façon dont Dieu pouvait réellement répondre à cette prière, aurait été la suivante: je devais recevoir de la maison un petit paquet. Mais j’étais déjà depuis quatre ans en Afrique et n’avais jamais reçu de colis! De plus, même si quelqu’un m’en envoyait un, qui aurait bien l’idée d’y mettre une bouillotte, puisque je vivais dans un pays chaud, en plein Equateur!

L’après-midi, alors que j’étais en train d’enseigner des infirmières, on m’informa qu’une voiture s’était arrêtée devant la porte de ma case!

Lorsque j’arrivai enfin à la maison, la voiture était déjà repartie. Mais sur la véranda se trouvait un paquet d’au moins 10 kg! Ne voulant pas l’ouvrir seul, je me rendis chez les enfants de l’orphelinat. Ensemble, nous enlevâmes les ficelles, en nous donnant la peine de défaire chaque nœud l’un après l’autre. Nous sortîmes le carton de son emballage et pliâmes le papier. La curiosité grandit. Au moins quarante paires d’yeux étaient dirigées vers le carton.

Après l’avoir ouvert, j’en retirai tout d’abord une paire de T-shirts. Les yeux brillèrent lorsque je les distribuai. Ensuite apparurent, soigneusement enroulés, plusieurs bandages pour mes patients atteints de la lèpre. Les enfants avaient l’air de s’ennuyer un peu. Ensuite, nous découvrîmes une petite boîte pleine de raisins secs qui seront les bienvenus dans la confection de notre pain pour le prochain week-end. Et puis, en remettant ma main encore une fois dans la caisse, je sentis soudain quelque chose de drôle, et le sortis. Vous n’allez pas le croire: C’était en effet une bouillotte flambant neuve. Je me mis alors à pleurer. Je n’avais pas demandé à Dieu de nous en envoyer une. Je ne lui avais pas vraiment fait confiance et cru qu’il pouvait faire cela ici, dans ce coin perdu de l’Afrique.

La petite Ruth qui se tenait parmi les enfants, se fraya un passage vers l’avant et s’exclama: «Si Dieu peut envoyer une bouillotte, il doit alors y avoir aussi une poupée quelque part!»
Elle enfonça alors profondément ses petits bras dans le carton et en retira effectivement une petite poupée habillée d’une manière ravissante! Ses yeux brillaient. De sa petite taille, elle leva son regard vers moi et me demanda: «Puis-je maintenant venir avec toi? Je voudrais apporter cette poupée à la petite fille. Elle doit savoir elle aussi que Jésus l’aime beaucoup.»

Le paquet avait été en route pendant cinq mois. Dans mon pays, des enfants de mon église l’avaient fait pour moi, à l’Ecole du Dimanche. Leur directeur avait eu soudain l’étrange sentiment qu’il devait m’envoyer une bouillotte. Et l’une des fillettes du groupe avait encore apporté une poupée pour un petit enfant en Afrique. Cinq mois avant, le Seigneur avait déjà commencé à préparer la réponse – la réponse à la prière d’une petite fille, quelque part sur ce vaste continent africain.

(Extrait d’un magazine allemand)
par Dorothée Hatzakortzian

×

 

Un messager aveugle

Je ne l’oublierai jamais, non, je ne l’oublierai jamais !

C’est un événement qui a marqué ma vie, et y restera gravé tant que je vivrai. C’était une belle journée ensoleillée, et la chaleur était telle, qu’il était impossible de se déplacer sans être incommodé. Nous roulions en voiture et la température était insupportable malgré les vitres baissées. Je ne sais pourquoi, mais j’avais l’impression que j’allais au devant d’une expérience inoubliable !

Nous nous arrêtâmes  devant une petite maison et une aimable vieille dame nous accueillit sur le porche. Je suis aussitôt introduit dans une grande pièce où un homme à cheveux blancs était assis, l’air absent. Il portait des lunettes noires et je ne savais pourquoi. Il était aveugle, il n’avait plus de bras et en plus de cela, il était paralysé.

En jetant un regard circulaire dans la pièce, j’aperçus ça et là de grandes plaques étalées par terre. C’était la Bible de l’aveugle. Le vieil homme avait une figure rayonnante, et la chose qui me frappa le plus dans cette pièce fut la quiétude et la paix qui y régnaient. Volontiers, il me raconta sa vie, une bien triste histoire.

Il y a quelques années, me dit-il, j’eus un accident terrible. Là, je perdis mes yeux et mes bras. Oh ! Comme tout était devenu noir ! Je me demandais avec anxiété ce que l’avenir me réservait. Je voulais mourir. Mais un jour, j’ai rencontré le Prince des lumières : Jésus-Christ, je l’acceptai dans mon cœur par la foi comme mon Sauveur personnel et Il me donna une paix intérieure qui dépasse toute compréhension. Malgré ma cécité, je reçus une lumière que je n’avais jamais expérimentée auparavant, c’était Christ lui-même qui entra dans mon cœur. Mais cette nouvelle vie, cette nouvelle naissance créa en moi un profond désir de lire et sonder la Parole de Dieu, la Bible. Mais comment pouvais-je lire la Bible en braille ? Elle ne pouvait m’être d’aucun secours, car je n’avais pas de doigts.

Un jour, le Saint-Esprit me dit : « Mac Pherson, tu peux apprendre à lire la Bible avec ta langue. » Je demandai donc une Bible et commençai à apprendre. Oh ! Il me fallut longtemps pour déchiffrer, et je dus apprendre à être patient (Je vis sa figure s’illuminer pendant qu’il continuait son histoire avec ferveur.) mais à la fin, j’arrivai à lire.

Pendant tout le temps qu’il parlait, je ne pus retenir les larmes qui brûlaient mes yeux. Après qu’il eut fini, je lui demandai : « Mon cher ami, voulez-vous lire un passage de la Bible pour moi ? » Aussitôt arriva ce quelque chose que je n’oublierai jamais ! Le vieillard à cheveux blancs commença à lire avec sa langue. D’abord, il toucha les caractères avec précaution puis me traduisit sa lecture mot par mot : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Réjouissez-vous ! » 
« Ami ! «  lui demandais-je, « Combien de chapitres de la Bible avez-vous lu de cette manière ? » « Chapitre ! » s’exclama-t-il, et il sourit. « J’ai déjà lu plusieurs fois la Bible, de la première à la dernière page. » Je ne posai plus de questions, mon être entier en était tout remué.

En quittant Mac Pherson, je me réjouis dans le Seigneur, et du plus profond de mon cœur lui demandai : « Aide-moi Seigneur à rechercher Ta volonté dans la Parole et à y puiser pour ma vie quotidienne Tes merveilleux trésors. »

Mac Pherson fut l’un des plus grands messagers qui marquèrent ma vie. En sortant, je ne sentais plus la chaleur étouffante du dehors, mais une nouvelle chaleur inondait mon cœur.
×

 

Elle « entend » les autres avec ses yeux…

Un rayonnement se dégage d'elle. Est-ce dû à son sourire cordial, à ses yeux brillants ?

Elle a beaucoup voyagé et parle plusieurs langues.  Pour une Américaine, c’est quelque chose pour le moins inhabituel. Son père est professeur de théologie.

Anastasia est une jeune fille couronnée de succès. Mais avant qu'elle ne commence à me raconter son histoire avec enthousiasme, elle me demande de m'asseoir en face d’elle, de telle manière qu'elle puisse suivre exactement les mouvements de mes lèvres.

Pourquoi cela ? En fait, Anastasia a un problème - elle n’entend rien !

En tant que journaliste chrétien, je lui pose quelques questions :

Q. Racontez-moi, dans quel contexte avez-vous grandi ?

R. Je suis née en Angleterre, à Liverpool. J'avais seulement trois semaines lorsque mon père nous a emmenés dans le sud de la France, où il a été chargé d'une tâche missionnaire. Nous sommes une grande famille. J'ai quatre sœurs et deux frères. Je suis toutefois la seule parmi mes frères et sœurs à avoir ce handicap auditif.

Q. Quand vous parlez, on ne constate absolument aucune différence avec les personnes entendantes. D’habitude, la voix des personnes sourdes est rude, grave et pas vraiment développée, parce que celles-ci ne peuvent s'entendre elles-mêmes parler. Chez vous, c'est totalement différent. Votre voix est flexible, aussi bien basse que haute, et même dynamique quand c'est nécessaire - comment est-ce possible ?

R. Sans mon appareil auditif spécial, je ne percevrais rien du tout. Cela m'a pris énormément de temps et coûté bien des efforts d'apprendre à parler. Ma mère, cependant, m'a aidée de manière décisive : elle a enregistré dans un système phonétique chaque son que j'émettais. Et ce système particulièrement sonore m'aidait à classer les sons que j'articulais. Grâce à ce système, les sons que j'émettais, revenaient à moi. 
C'est ainsi que, lentement, j’ai commencé à comprendre ce que je disais. Mais cela a demandé beaucoup de temps jusqu’à ce que je puisse parler.

Q. Les autres enfants devaient certainement être bien souvent impitoyables envers vous?

R. Oui, ils se sont moqués de moi et m'ont aussi provoquée. Ils savaient que je ne pouvais pas parler comme eux. Mais avec cet appareil auditif spécial, j'ai peu à peu acquis davantage d'assurance. Dans ce processus d'apprentissage, je ne pouvais toutefois pas me corriger moi-même, car que je n’entendais rien. C'est pourquoi ma mère m'a beaucoup aidée. Au début, je n'osais pas parler. Je craignais que l'on se moque à nouveau de moi ; je ne voulais pas que quelqu'un entende ma voix.

Finalement, j'en suis arrivée au point où Dieu m’a fait comprendre clairement qu'il voulait m'assister dans ma faiblesse.  Finalement, je lui ai dit : " Oui, Seigneur, je sais, je ne suis pas parfaite, mais avec ton aide, je pourrai tout de même parler. " Et à partir de ce jour-là, j’ai aussi commencé à apprendre des langues étrangères.

Grâce à ce système phonétique spécial, un nouveau monde de sons s'est ouvert à moi, comprenant également un système visuel. Certaines personnes pensent qu'il s'agit là d'un langage gestuel. Mais ce n'est pas le cas.

Q. Croyez-vous que d'autres personnes sourdes pourraient parler et s’exprimer aussi bien que vous ?

R. Je sais que cet appareil auditif a permis d'obtenir beaucoup de bons résultats. Mais ma voix, que vous trouvez si belle, est très certainement un cadeau de Dieu. Je l'en remercie de tout mon cœur. Je pense que d'autres personnes sourdes pourraient parler comme moi. Mais ce qui est très important, c'est de faire de nombreux exercices. Beaucoup de personnes sourdes n'ont pas cet appareil spécial et pas non plus quelqu'un avec qui elles peuvent s'exercer jour après jour. Et elles hésitent, en outre, à se servir de leur voix.

Q. Vous avez toujours été entourée par une famille aimante et croyante. Mais n'avez-vous pas, en grandissant, été sujette à la rébellion, étant manifestement différente des autres jeunes ?

R. Combien de fois, désespérée, ne me suis-je pas posé la question : Pourquoi est-ce précisément moi qui ne peut pas entendre et non quelqu'un d'autre ? Et c'est ainsi que, petit à petit j’ai fini par sombrer dans l’amertume, jusqu'à ce que j'en vienne finalement à vouloir me suicider. J'avais à cette époque-là 14 ou 15 ans. Puis j'ai pensé pouvoir compenser ce manque d’audition par des relations et j’ai alors cherché à me faire de nombreux amis. Mais cela ne m’a aidé en rien, car je trouvais toujours, autour de moi, quelqu’un pour me dire : " Ah, tu es sourde ! "

Finalement, quand j’ai pleinement réalisé que jamais de ma vie je ne serai capable d'entendre, j’ai alors, pour la première fois, commencé à réfléchir de manière intensive sur  la souffrance. Pourquoi tant de souffrance dans le monde? Et pourquoi en faisais-je partie ? Je fréquentais alors une école tout à fait normale, pour enfants entendants. Et c'est dans ce contexte que je me suis posé la question : « Quelle est la différence entre un sourd et une personne qui entend ? »  Et j’en suis arrivée à la conclusion : « Oui, il y a effectivement une différence. Dieu l'a voulu ainsi, alors tout est bien ! ».

Nous tous devons nous encourager mutuellement pour comprendre cette différence et l'accepter. Et pourtant, en tant qu'adulte, il m’arrive encore de vivre des moments où je suis en colère à cause de cet état de choses. Mais ensuite, je prends conscience du fait que ce monde n'est pas parfait.  Il y a tant de sortes de maladies et de souffrances ! Cependant Dieu nous a donné la force de les surmonter toutes.

Q. Diriez-vous que vous "entendez" certaines choses, dans votre for intérieur, mieux qu'une personne entendante ?  On dit bien que si l'un de nos sens ne fonctionne pas, les autres font d'autant mieux leur service.

R. Oui, je vis beaucoup par la vue. Je suis dépendante du visage d’une personne, de ses mimiques, de ses paroles que je lis sur ses lèvres. J'ai souvent des maux de tête le soir, quand j'ai parlé pendant des heures avec quelqu'un. Ceci est dû au fait que je dois constamment me concentrer sur ses lèvres. Je pense pouvoir mieux discerner, à savoir quelle sorte de personne j’ai en face de moi, qu’une personne entendante.

Q. Quelle a été votre formation dans la vie ?

R. J'ai fréquenté une école tout à fait normale. Puis mon père a reçu un appel pour être professeur dans une Université de Californie.  Ma famille est par conséquent retournée en Amérique.  Mais pour moi, il me restait encore 2 ans à faire au lycée.  J'ai donc demandé la permission de faire ces deux années en une seule. Cette permission m'a été accordée, bien que cela ne soit pas autorisé habituellement. J'ai alors travaillé avec acharnement chaque jour, de 8 h 00 du matin jusqu'à 10 h 00 du soir et ce, même pendant les vacances.  J'y suis finalement arrivée. Ensuite, avec ma sœur, j'ai fréquenté une Université dans le sud des Etats-Unis où j’ai étudié le russe avec, également comme autres matières, l'histoire, l'économie et la littérature. Après avoir passé mes examens avec succès, on m'a proposé un stage d’un an en Union Soviétique.  Durant cette période, j'ai visité différentes villes dans ce pays et j’ai eu l’occasion d’avoir des interviews avec de très diverses personnes.

Q. Et tout cela en russe bien sûr ! Avec quelle rapidité avez-vous assimilé cette langue ?

R. A l’Université, j'ai appris à lire et à écrire cette langue. Dans le pays même, il m'a fallu deux mois pour m'habituer à celle-ci. Je vivais dans une famille dans laquelle j'ai d'abord parlé l'allemand avec les filles, ces dernières ne parlant pas l'anglais. Il faut ajouter que j'avais aussi appris l'allemand par mes propres moyens. Avec ces filles, nous nous étions arrangées pour prendre un café ensemble les après-midi. Durant ces moments, nous nous entretenions de toutes sortes de choses, et aussi de la foi chrétienne.

Mon professeur d’Université, bien que d’abord tout enthousiasmé par le fait d’avoir une personne sourde parmi ses étudiants, ne se donna cependant jamais la peine de communiquer avec moi.  Suite à cela, je dis à Dieu, un peu en colère : « J’ai fais de mon mieux ici pour parler le russe, mais personne ne veut m'aider ». Puis j’ai fait la connaissance de deux autres familles très gentilles, avec les enfants desquelles je pouvais pratiquer le russe. J'ai également appris le langage russe gestuel. Il est très différent de l'américain. Tout ceci a suscité, un peu partout où je passais, un grand étonnement. Personne n'avait jamais rencontré quelqu'un de sourd maîtrisant plusieurs langues.

On m’a interviewée à la radio russe et ensuite, à la télévision aussi. A cette époque, en Union Soviétique, toute personne handicapée était considéré comme quelqu'un faisant partie d'une classe inférieure. Et maintenant, j'étais là, moi, une Américaine par surcroît, alors que la plupart n'en avait encore jamais vu une.

De retour aux U.S.A., j’ai passé mon doctorat à l'Université de San Diego, en Californie. J'enseigne là-bas depuis cinq ans, en anglais, des écoliers sourds dans leur langue gestuelle. Beaucoup d'entre eux ont des parents qui sont également sourds.

Certains de mes élèves ont été confrontés à ce langage dès leur plus jeune âge et sont, bien  sûr, avantagés par rapport aux autres.

Q. Avez-vous, précisément à cause de votre handicap, vécu quelque chose qui pour vous, a été une expérience précieuse ?

R. Je sais que ma surdité n'est pas visible, contrairement à la cécité. Je sais aussi que mon handicap peut servir à ouvrir les yeux à certaines personnes sur les malheurs des autres. Elles prennent alors conscience de l’existence des handicapés. Mais je constate souvent que beaucoup fuient devant cette réalité. Combien de fois ai-je dit à Dieu : « Certes, Seigneur, je suis sourde, mais je suis contente de ne pas traiter les autres comme ils me traitent moi. » Et parce que je sais ce que cela représente d'être mis à l'écart par les autres, je fais tout mon possible pour donner à chacun le sentiment d'être le bienvenu chez moi. Tout cela m'a rendue plus forte. Parfois, je souhaiterais pouvoir enfin entendre. Mais je sais qu’à vues humaines, c'est impossible et, à vrai dire, je mène à cet égard toujours encore un véritable  combat.

Je sais, toutefois, que je peux me confier en Dieu. Il m'a créée. Et dans toutes les différentes langues que j'ai apprises, je peux transmettre la bonne nouvelle de l'Evangile aux autres. Cette capacité de parler différentes langues constituent le don particulier que Dieu m'a accordé ; c’est ainsi qu’Il m'a bénie au delà de toute mesure et je lui en rends toute la gloire !

Merci beaucoup pour cet entretien.

Extrait d’un magazine allemand
(par Dorothée Hatzakortzian)

×

 

Miracle en Chine

« Ne me touche pas, je ne suis pas devenu fou. Le Seigneur Jésus est venu dans ma chambre et m’a entièrement guéri ! »

Yang-won Son était un prédicateur de l’Evangile en Corée et il eut beaucoup à souffrir à cause de sa foi. Pendant la seconde guerre mondiale, lorsque la Corée fut occupée par les Japonais, Son resta longtemps emprisonné. – Il avait refusé d’accorder à l’empereur la vénération divine exigée.

Après la guerre, en 1948, la ville Soon-chun, dans laquelle les deux fils aînés du pasteur allaient à l’école, fut occupée pendant quelques jours par des partisans communistes. Plusieurs policiers et les hommes en charge de diriger la ville furent fusillés sans autre forme de procès.

Les rebelles avaient aussi les chrétiens en vue. Matthieu et Jean, les deux fils de Yang-won Son, refusèrent de renoncer à leur foi et furent fusillés eux aussi.

Chacun dans la ville avait un grand respect pour le docteur Wang. Sa famille habitait depuis plusieurs générations dans une maison à deux étages qui don­nait sur une sorte de cour ouverte. Le docteur Wang avait fait des études de médecine occidentale. En voyant la révo­lution arriver, il en appréhendait les mé­faits. Il travaillait cependant avec acharnement pour aider son peuple à s'en sortir, et espérait fermement que des temps meilleurs viendraient.

Mais lorsque des jours difficiles atteignirent sa province, le docteur Wang continua de soigner les malades, quoique beaucoup d'entre eux n'eussent pas d'argent pour le payer. Dans les années 60, la famine régnait dans le pays et le docteur était reconnaissant pour les quelques carottes et les quelques œufs que ses patients lui apportaient. Les gens affamés et ma­lades se faisaient un plaisir de partager leur nourriture avec le docteur, en contre­partie des talents que celui-ci leur prodi­guait.

La révolution culturelle battant son plein, le docteur Wang devint la cible nu­méro un des révolutionnaires. Entraîné à travers les rues par des hordes de gardes rouges, le sympathique docteur se vit obligé de subir la moquerie de nombreux voisins qu'il avait soignés. Sa culture occidentale fut la raison principale de sa condamnation, et le fait qu'il fut chrétien renommé augmenta encore sa peine. Il fut durement maltraité et subit de graves dommages physiques, si bien qu'il était maintenant complètement para­lysé. Sa famille le soignait fidèlement, car il était contraint à être alité dans une peti­te chambre mansardée, dans le haut de sa maison.

Une certaine nuit, alors que toute sa famille venait de se coucher, l'épouse de son fils aîné ne pouvait s'endormir. Elle entendit soudain le grincement du grand portail qui donnait sur leur cour et se leva en sursaut pour voir qui se trouvait là à une heure aussi tardive. Elle courut sur la véranda pour tout juste encore aperce­voir un homme tout de blanc vêtu péné­trer dans la maison. Etait-ce un voleur ? Elle s'aventura pieds nus dans l'escalier et entra précautionneusement dans chaque pièce. Personne n'était là, excepté les membres de la famille, tous endormis.

Entre temps, dans la petite chambre étroite et mansardée, le docteur Wang était réveillé de son sommeil par cet étrange visiteur : un jet de lumière fut projeté sur lui lorsque celui-ci pénétra dans sa chambre, et à son grand étonnement il s'aperçut que ce visiteur n'était autre que le Seigneur Jésus lui-même. Debout au chevet de son lit, il lui dit : «Fils, lève-toi et marche !» «Je ne peux pas», répondit le docteur tout éton­né, «Je ne peux pas marcher !» Jésus lui tendit alors la main et l'aida à s'asseoir. «Crois-tu en moi ? Lui demanda-t-il ?» «Oui, Seigneur, je crois», fut sa réponse. «Si tu crois en moi, alors lève-toi et marche !» reprit Jésus.

L'homme obéit sans hésitation. Il se leva de son lit et se mit à marcher. Le Seigneur lui-même venait de le guérir to­talement. Le docteur Wang se mit alors à éclater de rire. Il était 2h20 du matin, et son rire réveilla son neveu qui dormait dans la même chambre que lui. «Mon oncle a perdu la tête», pensa le jeune homme en se précipitant vers lui pour l'empêcher de tomber. Dans une chambre voisine dormait le fils ainé du docteur Wang qui fut réveillé à son tour par le bruit qu'il faisait. Il se leva immé­diatement et se précipita dans la chambre de son père. Quel ne fut pas son choc en le voyant debout à côté de son lit en train de rire aux éclats. Lui aus­si il pensa sur le champ que le vieil hom­me était hors de sens. Il voulut le saisir, lorsque le père l'arrêta en lui disant : «Ne me touche pas, je ne suis pas devenu fou. Le Seigneur Jésus est venu dans ma chambre et m'a entièrement guéri !»

Pour prouver ce qu'il venait de dire, le vieil homme, autrefois paralysé, se hâ­ta de descendre les escaliers qui me­naient de sa chambre au rez-de-chaussée. Arrivé en bas, il se retourna en souriant et remonta les escaliers d'un pas régulier et ferme. Alors là, la famille ne put contenir sa joie. La maisonnée en­tière fut réveillée.

L'événement s'était passé au beau milieu de la nuit, mais cette bonne nou­velle ne pouvait attendre l'aube pour être propagée. La famille entière se mit en marche en direction de la maison où de­meurait le deuxième fils du docteur, dans une rue voisine. «Regardez, grand-père peut marcher !» s'écria un petit neveu. Petit à petit toute la parenté se joignit au cortège de gens enthousiasmés. Tous bénissaient, louaient et glorifiaient le Seigneur de tout leur cœur.

Dans son immense joie, le docteur Wang voulut même continuer sa promenade jusqu'à l'église, mais ses fils l'en dissuadèrent et le prièrent de bien vouloir attendre jusqu'à l'aube. Tôt le matin, tou­te la famille se rendit donc chez le pas­teur qui fut tout ébahi de ce qui venait d'arriver, et de là, ils se rendirent encore chez la sœur du docteur. En chemin, ils rencontrèrent une jeune nièce qui se ren­dait justement à son travail. Elle le regar­da marcher, bouche bée ! Lorsqu'elle entendit ce qui lui était arrivé, elle se mit à son tour à louer le Seigneur de tout son cœur pour le grand miracle qu'il venait d'accomplir.

Le dimanche suivant, le lieu de ré­union des chrétiens était plein à craquer. Des gens étaient assis dans chaque piè­ce de la maison, même s'ils ne pouvaient pas voir le pasteur. Certains se tenaient aussi dans la cour et regardaient par les fenêtres, d'autres s'entassaient dans les couloirs. Un jeune homme cherchait à faire chanter tout le monde ensemble, mais en vain. Personne ne suivait les pa­roles du cantique affichées sur le mur. Tous les yeux étaient rivés sur le docteur Wang qui se déplaçait de chambre en chambre pour saluer tous les chrétiens. Lorsque finalement il s'arrêta dans la piè­ce principale pour prendre la parole, tout devint silencieux. Personne ne voulut manquer une seule parole de son éton­nant témoignage. Il leur dit avec beau­coup d'émotion : «Oui mes yeux étaient ouverts lorsque je vis Jésus ; oui son vi­sage était inondé d'amour et rayonnait comme le soleil...»

Tout à coup, le pasteur lui-même lui posa une question précise : «Frère Wang, peux-tu aussi courir ?» «Si je peux courir ? Naturellement !» s'écria le vieil homme qui commença à faire des bonds à droite et à gauche, suivi des re­gards scrutateurs de ses auditeurs émer­veillés.

Aujourd'hui, le docteur Wang par­court le pays à bicyclette et raconte à tous ceux qui veulent bien l'entendre ce que la puissance de Jésus a fait pour lui, et les gens ne se contentent pas seule­ment de l'écouter, mais à leur tour ils crient au Seigneur et sont sauvés. Gloire à Dieu !

Traduit par Dorothée Hatzakortzian
(du texte allemand Gottes Chinesen)

×

 

Le légendaire Samouraï : un pilote de combat qui surmonte la haine

7 décembre 1941, 7h 49. Le pilote de l’aéronavale Mitsuo Fuchida, âgé de 39 ans, commande 360 pilotes de combat sur leur parcours à travers les nuages, très haut au-dessus du port de Pearl Harbor, à Hawaii.

Une seule pensée le pousse : Il veut détruire l’ennemi américain. C’est  une attaque-surprise sans déclaration de guerre préalable. Fuchida donne l’ordre à ses pilotes, suite à quoi  une tempête de feu se répand sur le port.  « Tora, Tora, Tora », annonce Fuchida à ses supérieurs. Le légendaire message radio est le mot japonais pour « tigre » et signale : « Mission exécutée avec succès. » Lors de l’attaque, plus de 2.400 personnes périssent, douze bateaux coulent et neuf sont endommagés. Dans son pays, Mitsuo Fuchida est promu héro national. Un an plus tard, il est gravement blessé lors d’une bataille, mais est rétabli dans l’administration militaire et voit la fin de la guerre.
La défaite du Japon fit du vétéran quelqu’un d’amer et brisé. Il décida de porter plainte contre les USA devant le tribunal international à la Haye  - à cause des actes de cruauté que les américains avaient commis pendant la guerre. Avec un zèle méticuleux, l’ancien pilote réunit des preuves et questionna des soldats japonais ayant séjourné aux USA en tant que prisonniers. Ce qu’il entendit  le sidéra : quelques hommes seulement se plaignirent de traitements brutaux. 
Beaucoup d’entre eux, par contre, parlèrent d’une Américaine de 18 ans qui leur avait apporté des sucreries et des pâtisseries au camp des prisonniers - et un petit livre appelé le Nouveau Testament. Ces prisonniers de guerre, très troublés par cette bienveillance, demandèrent à la jeune fille : « Pourquoi êtes-vous si aimable avec nous ? Nous sommes pourtant vos ennemis ! » Alors, la jeune femme leur raconta son histoire. Elle avait vécu aux Philippines, avec sa famille. Ses parents avaient été des missionnaires qui, en 1942, avaient été fusillés par des soldats japonais. La jeune fille ne pensa pas à la vengeance – au contraire : Elle se soucia de ces prisonniers de guerre et les traita avec égards et amour. C’est motivée par la dernière prière que ses parents dirent avant d’être tués : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 : 4), qu’elle eut cette magnifique attitude.
Ce n’était certainement pas le genre de preuves que Mitsuo Fuchida avait espérées ! Il cherchait, lui, des rapports sur les mauvais traitements, la torture et la violence. Au lieu de cela, l’ancien pilote se heurtait toujours à l’histoire de la jeune fille si serviable. Mais Fuchida était devenu curieux et il s’acheta un Nouveau Testament. Il commença à lire et sentit qu’une force prodigieuse se dégageait de ce livre : cette force fut même capable de vaincre son amertume et sa haine. Il devint chrétien et se fit baptiser en 1950. 
Un an plus  tard, il fit des tournées comme missionnaire à travers les USA et le Japon, racontant l’histoire de sa propre vie. Le 30 mai 1976, le « Samouraï de Dieu », surnommée Fuchida, mourut.
Mais avant de mourir, alors qu’on lui demandait pourquoi il s’était en somme intéressé au christianisme, Fuchida répondit un jour : «L’amour inconditionnel» des chrétiens, incluant même leurs ennemis, était devenu l’expérience la plus marquante de sa vie.

        
(Transmis d’un magazine allemand par Dorothée Hatzakortzian)
×

 

La vieille dame, Madame Mai, et les Khmers Rouges

Dans un camp de réfugiés des Khmers rouges, des milliers de personnes vinrent à la foi vivante en Jésus-Christ – par le témoignage d’une vieille dame presque aveugle !  
J’ai rencontré pour la première fois Madame Mai il y a 18 ans. Je travaillais alors pour une organisation d’aide dans un camp de réfugiés, quelque part dans la région frontalière entre la  Thaïlande et le Cambodge. Dans notre camp, il n’y avait pas de Khmers ayant plus de 60 ans en dehors des moines bouddhistes (les Khmers, c’est ainsi que se nommait le plus grand groupe ethnique du Cambodge).
Sachez que dans notre camp séjournaient presque uniquement des Khmers rouges. Ils faisaient partie du groupe communiste qui, en 1975, s’empara du pouvoir au Cambodge.  L’une des plus épouvantables dictatures de la terreur du siècle passé commença à ce moment-là. Environ trois millions de personnes, avant tout beaucoup de personnes âgées et de gens faibles, moururent sous ce cruel régime mené par Pol Pot.
Avec le changement de pouvoir eut lieu aussi une « épuration religieuse » du pays.  Pour les Khmers rouges, la seule religion acceptée était l’observation absolue de leurs lois. Au bout de trois années terribles, ils furent chassés du Cambodge ; une invasion de troupes vietnamiennes submergea le pays.  La plupart des Khmers rouges purent cependant fuir et  demandèrent à s’abriter dans les camps de réfugiés.

Au milieu de ces combats et tous ces terribles événements, une certaine Madame Mai survécut – une vieille femme, petite, faible et presque aveugle. Je crois qu’elle a survécu parce qu’elle avait été estimée trop âgée pour représenter un danger pour les autres.
Un témoin de ce groupe d’entraide humanitaire chrétien raconte :
La vie dans notre camp était dure. Nous étions régulièrement mitraillés par des unités vietnamiennes tandis que nous nous efforcions de faire l’approvisionnement en médicaments pour les réfugiés. Notre équipe avait des collaborateurs issus de dix nations, mais nous étions absolument unanimes sur un point : Tous, nous aimions Jésus-Christ et voulions le servir par notre engagement en ce lieu dangereux. Nous vivions au milieu des hostilités.  – La mort et la dévastation nous entouraient.
L’un des nombreux jours chauds et humides, Madame Mai demanda soudain à ma collègue Luchie : « Quelle est la grandeur de ton Dieu, en réalité ? «  Je me souviens de la réponse de Luchie comme si cela c’était passé hier : « Oh, Il est très grand ! »
Madame Mai, qui croyait à un mélange de doctrines bouddhistes et spiritistes, avait prié chaque dieu qu’elle connaissait – toujours en demandant de lui redonner sa vue, qui diminuait progressivement. Après avoir entendu la réponse de Luchie, elle dit : « Si ton dieu est assez grand pour guérir mes yeux, je le servirai pour le reste de ma vie. »
Je n’oublierai jamais la joie de Luchie lorsqu’elle entendit ces paroles. Elle demanda à Madame Mai de revenir le soir, puis rassembla rapidement notre équipe. Luchie nous dit que nous devrions prier pour Madame Mai, et même éventuellement lui imposer les mains plus tard.
Immédiatement, les premiers doutes me vinrent à l’esprit – Dieu va-t-Il guérir Madame Mai ? Elle est bouddhiste, ne doit-elle pas d’abord confier sa vie à Jésus ? Quelle sera la conséquence s’il ne se passe rien après que nous ayons prié ? – Finalement, j’allai tout de même trouver mes collègues et priai moi aussi avec eux pour la guérison de Madame Mai.
En voyant quelques-uns d’entre eux en larmes, et la façon dont ils « assaillaient » tout simplement Dieu avec notre demande, je sus que le Seigneur ferait un miracle.

Madame Mai fut guérie. Dieu lui redonna la vue, pas d’un moment à l’autre, mais en l’espace de quelques jours. C’est ainsi que cette vieille et faible femme devint, dans notre camp de réfugiés, une évangéliste que l’on ne pouvait plus arrêter. Elle n’avait aucune crainte et gardait une vision claire de ce qui était réellement essentiel.
Le roi David écrit dans le psaume 40 : « J’avais mis en l’Eternel mon espérance ; et il s’est incliné vers moi, il a écouté mes cris. Il m’a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue ; et il a dressé mes pieds sur le roc. Il a affermi mes pas. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une louange à notre Dieu. Beaucoup l’ont vu, et ont eu de la crainte, et ils se sont confiés en l’Eternel » (V. 1-4).
Dieu donna à Madame Mai un chant nouveau – et elle chantait merveilleusement bien. Partout dans le camp, la nouvelle relative à ce qui lui était arrivé, se répandit comme une traînée de poudre. Et, comme elle l’avait promis, elle commença à servir Dieu et à raconter à tous ce qu’Il avait  fait dans sa vie.
Dieu seul sait combien de Khmers rouges sont venus, au cours des années, à la foi en Lui par  son témoignage. Madame Mai prit note de tous ceux qui confessaient leur foi en Jésus-Christ. Et lorsque je lui demandai un jour de me montrer ses notes, je découvris plus de 3.000 noms. Chacun d’eux correspondait à une personne qui avait entendu parler de Dieu par elle et qui Lui avait par la suite confié sa vie. 
J’ai vu Madame Mai pour la dernière fois, il y a 15 ans, avant de retourner au Canada. Les Khmers rouges, dans notre camp, l’avaient menacée à plusieurs reprises de la faire mourir si elle ne cessait de parler de « ce dieu étranger ». Je n’oublierai jamais l’expression de son visage lorsque je lui demandai si elle n’avait pas peur. Nous savions ce que les Khmers rouges faisaient de ceux qui ne se soumettaient pas à leurs ordres.
Madame Mai me regarda paisiblement avec ses grands yeux bruns – j’avais le sentiment qu’elle pouvait voir au travers de moi – puis elle dit : « Non, je n’ai pas peur du tout. 
Pendant toute ma vie, j’ai cherché le vrai Dieu. Maintenant je l’ai trouvé, et je le suivrai partout. J’étais aveugle, mais à présent je vois. »

×

 

Rencontre avec l’assassin

NOUS AVONS VÉCU L’ENFER
(Ce qui est arrivé à Ursula Link ne peut se traduire par des mots …).

Sa fille subit des abus sexuels, elle est assassinée, puis le cadavre est profané. Si Ursula Link peut aujourd’hui – dix ans plus tard – parler de cet acte, elle le doit à Dieu.

La collégienne Stefanie Link, âgée de 16 ans, fête avec des amies le nouveau millénaire à Fribourg, la ville voisine. Tôt le matin, elles se remettent en route. Mais par erreur, les trois montent dans un mauvais bus. Arrivées au terminus, elles s’engagent à pied sur le chemin du retour. Elles se réjouissent quand une Golf blanche s’arrête et le conducteur leur offre de les emmener. Il leur précise toutefois ne pas aller à Schallstadt. Deux jeunes filles montent dans la voiture – et regagnent leur domicile dans la nuit de la Saint-Sylvestre. Steffi de Schallstadt, poursuit seule son chemin. Soudain, le gentil conducteur est de nouveau là, après avoir ramené les deux amies à la maison. Elle monte en voiture sans se soucier. Deux kilomètres avant le domicile de Steffi, l’homme oblique sur un chemin à travers champs …     Pendant tout le jour de l’an, Ursula Link s’inquiète. Sa fille Steffi n’est jamais restée absente sans prévenir. En vain, la mère l’appelle sur son portable. Elle téléphone à toutes ses amies. Le soir, elle va à la police. Le jour suivant, un cultivateur trouve le cadavre. La police lui apporte la nouvelle du décès. Depuis ce moment-là, rien n’est plus comme avant pour Ursula Link et son autre fille, Nadine. La vie devient insupportable pour toutes les deux. Comme la mère, âgée de 54 ans, élève seule ses filles depuis sa séparation d’avec son mari en 1992, et qu’elle travaille à mi-temps, Steffi s’était occupée de sa sœur Nadine, sa cadette de deux ans. Toutes trois tenaient beaucoup les unes aux autres. C’est pourquoi la perte est d’autant plus douloureuse, et continuer à vivre exige infiniment de force. Ursula Link ne peut plus travailler. Sa fille a des problèmes à l’école, elle devient un outsider. Le fait que le coupable ait déjà été trouvé quelques jours plus tard, ne lui apporte aucune consolation. 

Des cauchemars sans fin

Deux ans après ce tragique incident, Nadine essaye de se tuer. Cette tentative de suicide échoue. Elle passe quelques semaines en psychiatrie pour enfants et adolescents, mais la thérapie du comportement – qu’elle fait conjointement avec sa mère – n’aide guère. Dans la crainte de faire des cauchemars, mère et fille dorment la plupart du temps blotties l’une contre l’autre. Et malgré cela, elles se réveillent souvent baignées de sueur et en proie à la panique.  Ursula et Nadine Link se sentent seules, certes, mais elles ne le sont pas, car des parents amis de Stefanie décédée, s’occupent d’elles.

Ce sont des chrétiens faisant partie d’une église de Pentecôte. Ils les soutiennent en paroles et en actes – dans les choses courantes de la vie et aussi par des entretiens avec elles. Mais Ursula Link est en plus accablée de dettes, n’ayant finalement plus été en mesure de travailler et de gagner son pain. Elle demande de l’argent à ces amis, mais eux-mêmes sont à court.  « Le seul qui puisse encore vous aider dans votre situation, c’est Jésus-Christ », affirment ces amis. Ursula Link et la fille qui lui reste, savent qu’elles n’ont plus rien à perdre. Elles se décident à laisser Jésus prendre les directives de leur vie. C’est le 24 octobre 2002. La prière commence à porter ses fruits. Lentement, toutes les deux vont mieux et le courage de vivre revient. Elles sentent que Jésus-Christ est auprès d’elles. Et Ursula Link fait alors une expérience extraordinaire : elle se met à lire la Bible et peut ensuite, pour la première fois, dormir à nouveau. Le lendemain matin, elle se sent bien au point de vouloir aller travailler. Le jour suivant, elle continue à lire – avec les mêmes conséquences. Elle est finalement en mesure de reprendre son travail dans une entreprise pharmaceutique.

Ursula Link fréquente – tout d’abord avec hésitation – l’église de ses amis. Pour n’être abordée par personne, elle arrive la dernière et s’en va la première. Elle se tient tout à fait à l’arrière dans l’église. Mais comme elle revient toujours, on lui prépare une chaise – un signe visible qu’elle est la bienvenue. Dans l’église pentecôtiste, elle se fait finalement baptiser. Le baptême de sa fille suit un an plus tard.  Toutes les deux n’ont plus besoin de leurs médicaments antidépresseurs. Entre-temps, Nadine s’est rattrapée et a obtenu son brevet. Elle est devenue infirmière. A présent, elle travaille comme infirmière chef dans un service d’hôpital.  

Steffi est-elle auprès de Dieu ?

La lecture de la Bible a pour Ursula Link encore d’autres conséquences. Elle se demande si sa fille que l’on a assassinée, est auprès de Dieu. Dans une vision, elle voit soudain Steffi devant elle. Celle-ci va bien. La maman réalise clairement que seule une personne se trouvant tout près de Dieu peut avoir l’air aussi paisible. Cela la fortifie énormément. Mais plus tard, la question suivante surgit : Steffi était-elle chrétienne, après tout ? D’une manière inattendue, la mère obtient une lumière à ce sujet : en faisant des rangements, elle trouve un petit exemplaire du Nouveau Testament que Steffi, à l’âge de onze ans, avait reçu en cadeau du mouvement missionnaire des Gédéons. A l’intérieur se trouve une prière : « Ma décision d’accepter Jésus-Christ comme mon Sauveur … » – signée par Steffi. Ursula Link est comblée de bonheur : « Jésus m’a montré par cette signature dans la Bible : « Tu vois, tout est bien pour elle. »

Au cours des années suivantes, elle fait d’autres expériences dans le domaine de la foi. Dans une église pentecôtiste internationale, à Fribourg, elle apprend que le pasteur et d’autres collaborateurs rendent fréquemment visite à des détenus en prison. Voulant s’associer à cette tâche, elle se joint au groupe, à un ministère de l’église auprès des détenus : « La croix noire ». Dans la prison, elle prend clairement conscience que les criminels lui tiennent particulièrement à cœur : « Je peux maintenant voir ces personnes avec les yeux de Jésus. Qu’ils soient cambrioleurs de banque, assassins, ou dépendants de drogues, n’a aucune importance pour moi. « Elle éprouve même un grand amour pour eux. Et à la fois, elle se rend compte de ceci : un jour, elle risque de rencontrer l’assassin de sa fille. Cette pensée, soudain, ne l’effraie plus. Elle a rencontré cet homme brièvement, lors de deux audiences. La première fois, il a été condamné à une peine de prison de 13 ans. Le parquet trouve ce jugement trop clément. Lors de la deuxième audience, il est cette fois condamné à la prison à vie. Ursula Link réalise qu’elle aussi doit lui pardonner. 

La dernière rencontre

Début 2009, elle apprend que le coupable, gravement malade, a été transféré dans une clinique. Elle voit enfin une chance de le rencontrer. Le procureur, auquel elle expose son idée, se retire. Il craint que l’intention de cette mère soit de se venger. De même, l’épouse du coupable craint, elle aussi, cette rencontre qui a cependant bien lieu début février 2009. L’aumônier de prison, une assistante sociale et l’épouse du coupable y participent. Ursula Link tend la main à cet homme sur son lit de mort et lui annonce qu’elle lui a pardonné après avoir fait la connaissance de Jésus-Christ, qui lui a offert une vie nouvelle. Et elle lui déclare aussi que Dieu veut également lui pardonner, s’il confesse son péché.

De manière tout à fait inattendue, l’homme demande finalement à la mère dont il a assassiné la fille, de prier avec lui. Elle est poussée à faire avec lui une prière dans laquelle il confesse vouloir désormais suivre Jésus-Christ. Cet homme répète en effet cette prière. « Ce fut un moment rempli de sainteté », raconte Ursula Link. « La gloire de Dieu était perceptible dans toute la pièce. « L’assistante sociale présente est, elle aussi, tellement impressionnée par l’atmosphère qui règne dans la chambre, qu’elle formule à son tour la prière – et l’épouse de l’assassin également. Tous se donnent finalement la main et prient le Notre Père. 15 jours plus tard, cet homme meurt – en tant que pécheur gracié par Dieu. Ursula Link a vu combien la paix que Dieu donne, peut être réelle : « c’est prodigieux et merveilleux », déclare-t-elle. 

(Traduit du magazine allemand « Entscheidung » n° 2/2010

(Autorisation accordée à Dorothée Hatzakortzian)
×

 

Une situation surhumaine

Le médecin qui, en 2003, lutta contre l’épidémie de la GRIPPE AVIAIRE 
en Chine, parle de la puissance de la prière.

Il y a de nombreuses années, alors que je me préparais à passer le bac, quelques personnes faisant partie de mon école, m’invitèrent à une manifestation avec Billy Graham, dans un stade qui se trouvait à proximité. J’employais à l’époque chaque minute libre pour apprendre – il dépendait finalement de la note que j’obtiendrais à mon bac pour pouvoir aller à l’université ou non. En recevant l’invitation à ladite évangélisation, je pensai qu’il s’agissait d’une plaisanterie. En novembre 1975, il ne me restait plus que quelques mois jusqu’à mes examens ! Je n’avais donc nullement l’intention de m’y rendre. Mais les jeunes gens de la « Christian Association » furent très tenaces, de sorte que j’acceptai finalement d’aller à la première réunion.

A PROPOS DE L’AUTEUR:

Le Dr Joseph Sung est le directeur du „Stanley Ho Center pour les maladies très contagieuses » (Emerging Infectious Diseases) à l’université chinoise de Hongkong.

Nous fîmes à pied les 15 minutes de chemin jusqu’au lieu où la manifestation avait lieu. En route, je vis que d’innombrables personnes affluaient vers le stade – des écoliers, des adultes, des retraités. La prédication de Billy Graham me toucha très profondément. Lorsqu’il invita ensuite les gens à venir au milieu du stade, une image s’offrit à moi, que je n’oublierai jamais. Nous étions assis dans l’obscurité, car c’était le soir, mais la partie centrale de l’arène était illuminée. Je vis des milliers de personnes sortir de l’obscurité pour aller vers la lumière … c’était très symbolique. Le premier soir, je ne descendis pas, pensant que je devais encore un peu réfléchir à propos de ce que j’avais entendu. Mais mon intérêt était éveillé et je vins aussi à la deuxième, troisième et quatrième soirée. Je ne sais plus exactement combien de jours l’évangélisation dura, mais le dernier soir, je pris la décision de mettre ma vie entre les mains de Jésus, et je m’avançai.

Ma grand-mère se décide

A cette époque-là, nous habitions chez mes grands-parents. Ma famille vivait selon les principes bouddhistes ; ma grand-mère, particulièrement, était très croyante. Je me souviens qu’elle mettait chaque matin un habit spécial et disait des prières avec son collier de perles, une prière par perle. Après avoir confié ma vie à Jésus, j’essayai de faire comprendre ma foi à ma famille. Mais je me heurtais toujours à une grande opposition quand je voulais aller à l’église – et il était encore moins possible d’inviter ma famille à assister à un culte. Mais je grandis lentement dans cette vie nouvelle, lus la Bible et découvris que je pouvais mettre toute ma confiance dans chaque verset biblique. Dans les Actes (16 : 31), il est écrit que si l’on croit au Seigneur Jésus, on sera sauvé, soi-même et sa famille. Au début, je doutais fortement de cela. Comment, dans mon cas, l’impossible pouvait-il se réaliser ? Quand je parlais de ma foi, les gens disaient quelque chose comme cela : « Oui, maintenant, jeune homme, tu peux faire ce que tu veux, mais dans quelques années, quand tu auras atteint la maturité nécessaire, tu reconnaîtras que les choses pour lesquelles tu avais opté, étaient fausses. »…
Je suis très heureux de pouvoir dire qu’ils se trompèrent. Entre-temps, chaque membre de ma famille s’est décidé pour Jésus, et dans notre famille, ce n’est pas moins qu’un miracle. Même mes parents et ma grand-mère de 96 ans, qui m’étaient très proches, sont devenus chrétiens. Ma mamie est décédée il y a trois ans. Quelques années avant sa mort, un membre de notre église lui avait rendu visite. Ils entrèrent en conversation et, à un certain moment donné, ma grand-mère prit la résolution de suivre Jésus. Elle abjura le bouddhisme – je pouvais à peine le croire ! Elle passa les dernières années de sa vie dans une maison de retraite et c’est là qu’elle fut aussi baptisée.
Ma famille se convertit vers 1997, dans une période de grande incertitude à Hongkong. Les journaux écrivirent jadis que Hongkong était pour ainsi dire une ville morte. De nombreuses familles émigrèrent et mes parents aussi s’en allèrent. Ils partirent au Canada, où mon frère étudia à l’université de Montréal. Dans un pays étranger et sans travail, mes parents avaient beaucoup de temps libre et rien à faire. Ils avaient l’ennui de leur foyer et de leur famille. Le seul bon endroit où ils pouvaient aller, était l’église que mon frère fréquentait. Progressivement, ils accordèrent tant d’attention au message de la Bible qu’ils commencèrent à croire en celui-ci. Finalement, ils se décidèrent eux aussi pour une vie avec Jésus. Aujourd’hui, ma mère m’appelle chaque dimanche matin, de bonne heure, en me disant : « Viens vite, allons à l’église. Ne sois pas si paresseux ! » Trente ans auparavant, je n’aurais jamais de la vie pu imaginer qu’une telle chose pourrait se produire.
Quant à moi, je travaillais comme médecin au « Prince of Wales «, le Chu de l’université chinoise de Hongkong. Dans mon travail, je ne racontais pas à chacun que je croyais en Jésus-Christ. Je dirigeais le service et craignais à cette époque que certaines personnes s’attendraient à une complaisance particulière en apprenant que j’étais chrétien. Mais mon attitude changea en 2003, lorsque la grippe aviaire se déclara. 

La grippe aviaire se répand à Hong Kong

La grippe aviaire fut introduite à Hongkong par un citoyen chinois qui se trouvait alors hospitalisé dans notre service. Nous stérilisâmes tout dans le service, mais la maladie se transmit cependant de ce patient à environ 130 personnes, parmi lesquelles il y avait des médecins, des infirmières, des patients et des étudiants en médecine. Le premier jour où la maladie se déclara, 30 de mes collègues eurent de la fièvre, et ensuite, de plus en plus de personnes tombèrent malades. Elles devinrent de jour en jour plus malades encore. Je vis combien ces personnes, en l’espace de peu de temps, s’affaiblissaient. Je vis des gens mourir. En l’espace d’une semaine, des hommes jeunes et dynamiques devinrent si faibles qu’ils ne pouvaient plus se traîner de leur lit à la salle de bain. Il leur était impossible d’achever un repas tellement ils étaient à bout de souffle. Leur force n’était même plus suffisante pour une communication téléphonique avec leur famille. J’avais grand peur qu’ils ne meurent. 
Au début, nous les médecins, dormions dans les logements des infirmières situés à proximité. Nous ne voulions en aucun cas apporter la maladie dans notre foyer, à notre famille.  Au bout de deux mois, je transférai à nouveau mon lit dans ma famille. Malgré cela, je m’efforçais encore de m’isoler de ma femme et de nos filles autant que possible. Dès que j’entrais dans notre maison, ma femme frottait derrière moi le sol avec un balai-brosse. Je me précipitais dans la salle de bain, prenais une douche et changeais mes vêtements. Je prenais mes repas sur la table de la salle de séjour, et ma famille les siens dans la salle à manger. Nos filles avaient alors neuf et six ans et nous essayâmes de leur expliquer qu’elles ne devaient en aucun cas s’approcher de moi. Finalement, je retournai dormir dans la maison des infirmières, car c’était trop dangereux pour ma famille. Nous nous téléphonions. Nous nous écrivions des e-mails et les filles m’envoyaient des photos d’elles. C’est ainsi que nous gardâmes le contact.
Chaque jour, je traversais la rue pour aller de la maison des infirmières à la clinique, et chaque jour j’étais davantage angoissé. Mes premières interpellations en arrivant étaient : Combien de personnes sont mortes cette nuit ? Combien de patients doivent encore être transférés au service de réanimation ? Aucun changement de situation n’était en vue quant à cette catastrophe ;  aucun indice de changement ! Je savais que plusieurs de mes collègues reliés à des respirateurs artificiels allaient mourir. Désespéré en voyant tout cela, je convoquai un matin mes collaborateurs et leur dit : « Le temps est peut-être venu maintenant de nous réunir pour prier. Car ce qui arriva dépasse la force humaine ; ceci est au-delà de ce que nous pouvons faire. « C’était la première fois que je confessais ouvertement ma foi à mon lieu de travail. Ensuite, j’invitai tous les chrétiens parmi le personnel à venir dans mon bureau, afin de prier pour les malades.
Mon bureau d’alors était relativement petit, et cependant, 15 personnes environ s’y entassèrent pour prier. Je les connaissais toutes, mais je n’avais jamais su qu’elles étaient chrétiennes. Nous commençâmes alors à intercéder auprès de Dieu pour nos collègues malades. A partir de ce jour-là, nous nous rencontrâmes chaque jour, tous les matins vers 11h00, après la visite, dans mon bureau. Lorsque nous priâmes pour la première fois, nous dîmes à Dieu que nous refusions que quelqu’un meure en raison de notre ignorance au sujet de cette maladie. Et nous étions dans une ignorance totale. Nous ne savions absolument pas à quoi nous avions affaire. Après avoir commencé à prier, nous vîmes Dieu œuvrer dans notre service et dans tout Hongkong. Nous vîmes l’état de santé des personnes s’améliorer. Elles se mirent soudain à me raconter qu’elles étaient devenues chrétiennes. C’était incroyable ! 

« Ai-je la grippe aviaire ? »
Un camarade d’études de la faculté de médecine m’apporta ses radiographies. Il était médecin de famille et avait contracté la grippe aviaire après avoir été contaminé par un patient. Il se radiographia donc lui-même et me demanda : « Joseph, penses-tu que j’ai la grippe aviaire ? » Je répondis : « Cela ne fait aucun doute. » Ses mains tremblaient. Il avait une forte fièvre et un manque de souffle. Etant obligés de l’intuber et de le relier à un respirateur artificiel, nous le fîmes hospitaliser. Au bout de trois semaines – alors que j’avais toujours à m’occuper d’autres patients atteints de la grippe aviaire – je reçus de lui un appel téléphonique. Il me dit : « Joseph, je sors de l’hôpital aujourd’hui. Je suis à nouveau en bonne santé. « Puis il ajouta : « Je suis devenu chrétien. » Je répondis : « Comment ? » Il confirma : « Oui, je suis devenu chrétien. »
Sa femme lui avait rendu visite à l’hôpital, et l’avait informé que toute son église priait pour lui. Il me raconta n’avoir jamais été dans une église et que sa femme avait pendant de nombreuses années essayé de l’amener à Jésus. Il n’avait rien voulu savoir de cela. Pendant le temps passé à la clinique, il n’eut pour la première fois rien d’autre à faire qu’à s’asseoir et lire la Bible. Il observa exactement ce qui se passait dans Hongkong et à l’hôpital et voyait comment Dieu agissait. Et il accepta Jésus-Christ comme son sauveur. Entre-temps, il est probablement devenu le meilleur médecin chrétien dans la ville. Il me raconta qu’il priait maintenant pour chaque patient. Que puis-je dire de plus ?  Dieu était à l’œuvre dans tout Hongkong et il a agi sans que nous nous en soyons rendus vraiment compte.


(Traduit d’un Magazine allemand par Dorothée Hatzakortzian)

×

 

Sauvé par un enfant…
(Histoire de Noël)


La fête de Noël était pour le pêcheur Johannsen toujours l’un des jours les plus difficiles de l’année. Chaque année, pour se divertir, il se rencontrait avec ses amis dans une auberge. La chaumière se trouvait en haut, sur les dunes, et de ses fenêtres, on avait vue sur la mer.  Il parvenait à se débarrasser de tous les souvenirs et de toute sentimentalité en buvant plusieurs bouteilles de vin, des grogs et de la bière. 
Depuis que ses parents étaient décédés,il n’avait plus personne qui pensait à lui à Noël ou passait pour lui apporter un cadeau. 

Il était donc assis avec ses compagnons de beuverie ; jusqu’au petit matin, ils avaient tenu le coup ensemble, bu, parlé, et entretenu toutes sortes de ressentiments.  Alors qu’il venait de se décider à marcher pendant plusieurs heures, le long de la plage, pour retourner chez lui, Peter, l’un de ses compagnons d’ivrognerie, l’invita à faire avec lui une partie du trajet en bateau. Cela l’arrangeait bien, car la plage avait beaucoup de criques qu’il aurait dû sinon parcourir à pied. Il pouvait ainsi raccourcir son parcours. Chez lui, cependant, personne ne l’attendrait, et la hutte était froide. Toujours la même solitude amère, et Noël en plus ! Là, il eut encore plus conscience du vide de son existence. 

Les larmes du souvenir        
Mais – hier, lorsqu’il était avec ses amis en train de boire, quelque chose avait été différent. Vers minuit, plusieurs jeunes filles de l’Armée du Salut étaient entrées dans la salle de l’auberge et avaient chanté des chants de Noël connus depuis longtemps. Des souvenirs d’une enfance insouciante leur étaient revenus et certains de ces hommes déjà fortement alcoolisés, s’étaient mis à pleurer. Ses yeux à lui aussi étaient devenus humides, mais il avait essuyé les larmes du revers de sa main tout en vociférant contre la fumée qui les avait irrités.
Après les chants, l’une de ces jeunes filles avait fait une petite allocution. Elle avait parlé de l’enfant venu du ciel, pour nous aider, et de l’amour de Dieu qui jette des ponts vers l’humanité. Elle avait fait mention de l’aspiration des hommes à connaître l’amour de Dieu, la nostalgie du père dans les cieux, que tout homme porte en lui. Elle avait parlé aussi des larmes secrètes qui ne peuvent être séchées qu’au moment où nous laissons le Père céleste nous prendre dans ses bras, tandis que nous acceptons son pardon.

      « Celui qui saisit l’amour de l’enfant de Noël, a trouvé le chemin de la maison, il a une patrie et la paix. Cet enfant peut sauver chacun », c’est à peu près de cette façon qu’elle l’avait formulé. Quelques hommes qui venaient encore de pleurer d’émotion, s’étaient moqués d’elle, tout en voulant la forcer à prendre un verre d’eau-de-vie – mais notre pêcheur sentait que ce qu’elle disait était vrai. Il n’avait pas de paix en son cœur, que de l’inquiétude. Même s’il ne voulait pas le reconnaître – cette jeune fille avait raison. Il repensait à cet événement pendant tout son trajet. Mais il finit par chasser les pensées comme une mouche gênante, qui volerait autour de sa tête. « Bah. Enfantillage ! Comment un enfant pourrait-il nous aider ?  Ne compte que sur toi. Pleurnicher sur ses péchés n’est pas viril, nous les hommes, sommes des durs. Je n’ai donc pas besoin d’un enfant pour m’aider. Je le repousserais et ne compterais que sur ma propre force ». 

        A ce point précis de leur trajet, les deux pêcheurs devaient déjà bien s’y connaître pour ne pas perdre leur orientation. « Davantage à gauche, Peter, autrement, nous nous éloignons de la terre », dit-il à son ami qui conduisait la barque. Ils continuèrent leur parcours en se taisant, jusqu’à ce que la quille du bateau se mette assez brusquement à crisser dans le sable. C’était sans doute l’endroit où Johannsen devait descendre. Ils étaient arrivés plus tôt qu’ils ne le pensaient. Il sauta hors du bateau, fit un petit geste en guise de salutation et de remerciement à son camarade Peter, puis marcha lourdement dans l’eau peu profonde, en direction du rivage.

Lorsqu’il eut un sol solide sous les pieds, il regarda encore une fois en direction du bateau, mais celui-ci avait déjà disparu dans l’épais brouillard. Il allongea le pas, pour arriver à sa maison isolée qui devait se trouver là devant, quelque part dans le brouillard. Il marcha et marcha. Mais que se passait-il ? Il se trouvait soudain à nouveau dans l’eau. Il n’était quand même plus ivre au point de tourner en rond sans le remarquer ? Il rebroussa son chemin. Mais après avoir fait mille pas, il fut de nouveau au même endroit, toujours dans la mer.

Perdu dans le brouillard 
Ses genoux commencèrent à trembler, un cri d’épouvante sortit de sa poitrine. Il voulut rappeler son ami Peter, mais c’était sans espoir. Son appel se perdit dans le brouillard, sans être entendu. Seules les vagues mugissaient et le léchaient. L’effroi le saisit, il savait ce que cela signifiait – et savait maintenant aussi où il était.

       Il y avait devant la plage, près de chez lui, des bancs de sable qui, pendant la marée basse, émergeait de la mer. Ils avaient pensé se trouver sur la plage, mais ils étaient en fait seulement arrivés jusqu’à l’un de ces bancs de sable. Dans l’épais brouillard, il était impossible de faire la différence avec le rivage. Il était maintenant immobilisé, et la marée arrivait. Il pouvait appeler autant qu’il le voulait, personne ne l’entendrait. Dans une demi-heure environ, le banc de sable serait recouvert par les vagues. 
Désespéré, il tomba à genoux et gémit : « O Dieu, tout, mais pas ça ! Je ne peux quand même pas déjà mourir. Il y a encore tant de choses que je dois mettre en ordre en moi … »

       Les paroles de la jeune fille de l’Armée du Salut lui revinrent à l’esprit. « Le monde était perdu, Christ est né … » Et ensuite, il entendit clairement celle-ci dire à nouveau : « Un enfant est venu du ciel, pour nous aider … » A ce moment-là, il avait éclaté de rire, d’un air moqueur. « Que pourrait encore faire maintenant l’enfant de Bethlehem, pour m’aider ? C’est valable pour un vieux dans son fauteuil, mais pour moi ?  Pieux racontars ! Et pourtant, « l’eau glacée le saisirait en quelques minutes, comme la main froide de la mort. Des voies de la mer paraissaient déjà le singer ! »

        Et maintenant, c’était comme si ses propres paroles moqueuses revenaient à lui : « Aide-toi toi-même, avec ta force, tu es quand même fort. Trouve-toi donc un pont du côté de la plage ; celle-ci ne doit pas être si loin. » Il savait combien cette pensée à elle seule était folle. Dans l’eau glacée, il ne survivrait que quelques minutes.

         Figé par le désespoir, il s’accroupit. Il réalisa soudain ce qui était en train de se passer : le banc de sable sur lequel il se tenait devenait de plus en plus restreint ; il pouvait faire de moins en moins de pas. A la fin, il ne resterait plus qu’un petit endroit sur lequel seul un fauteuil pouvait encore tout juste y trouver une petite place – et après, ce sera la mort ! Seulement maintenant, il réalisait la situation mieux que quiconque.

       Combien les hommes ferment souvent les yeux devant le cycle de plus en plus restreint de leur vie. Ils ne voient pas la marée monter.  Ils dansent, boivent, prennent la vie comme elle vient, sur le banc de sable de la mort - comme un enfant insouciant, inconscient. Et alors ? Pendant que la marée monte, les hommes luttent sur le banc de sable, les peuples luttent les uns contre les autres, et pour quoi ? Pour des coquillages sans valeur, pour avoir assez de place sur le banc de sable. Ils élisent des gouvernements, construisent des maisons comme des châteaux de sable, mais ensuite arrivent la tempête et les vagues qui emportent tout sur leur passage. »

       Une parole du temps passé traversa l’esprit de notre homme : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » Quelle parole, s’exclama-t-il ! Puis la jeune fille de l’Armée du Salut lui revint également à l’esprit.

« Ah oui, un enfant », se dit-il en éclatant de rire. « Si maintenant cet enfant me venait en aide ici, je pourrais croire en lui, mais s’il ne peut même pas me jeter un pont entre cet endroit et la plage, comment croire alors qu’il puisse jeter un pont du ciel jusqu’à moi ? » Ah, avec quelle rapidité terrible, la vie peut arriver à son terme ! Toutes ses pensées se précipitaient dans sa tête. Il se mit alors à courir comme un fou tout autour du cercle de sable qui devenait de plus en plus restreint. Il cria, appela, oui, poussa des cris perçants dans toutes les directions, comme un aliéné.

        Le vent se leva, le brouillard devint de plus en plus mince. Dans le lointain, il put reconnaître la terre, la terre ferme et salvatrice. Et cependant il savait qu’il ne vivrait plus longtemps. A l’horizon, il y avait pourtant le salut, sa maison, mais pour y nager, c’était bien trop loin. Il s’arracha la veste et la chemise du corps, et se mit à faire des signaux désespérés avec sa chemise, s’en servant comme d’un drapeau. Mais aucune réponse, aucun signe en retour.

        Il ne lui restait maintenant plus qu’une liberté de mouvement de vingt pas. L’eau glacée le saisirait en quelques minutes, comme la main froide de la mort. Des voix venant de la mer paraissaient le singer. « Pourquoi brailles-tu comme un enfant ? Tu glapis comme un chien… » « Parce que je veux vivre », était le cri qui sortait de ses entrailles. De nouveau, les paroles de la jeune fille lui revinrent à l’esprit. « Pourquoi chaque homme a-t-il besoin de cet enfant ? Parce qu’il veut vivre – vraiment vivre, pas seulement d’une manière artificielle. Chacun a besoin d’une vie basée sur un fondement, une vie qui a un but dans l’éternité de Dieu. Il avait entendu tout cela, mais à quoi cela pouvait-il lui servir à présent ?

      Maintenant, il ne pouvait plus que faire cinq pas. Il cria une nouvelle fois, en proie à un désespoir sauvage. Les veines de son front ressortaient.  Il était rempli de fureur, de rage et de crainte à la fois. Une fois de plus, il fit des signaux de sa chemise blanche. Il avait de plus en plus froid. Déjà, les premières vagues l’arrosaient. Désespéré, il tomba à genoux. C’est dans cette position-là qu’il se trouvait maintenant. Mais que voyait-il ? Un bateau ! Il mit sa main au dessus de ses yeux comme pour mieux voir. La mort se présentait-elle déjà avec une hallucination, un ignoble obscurcissement des sens ? Quelqu’un appelait pourtant ! Une voix claire d’enfant retentit dans sa direction.

       « Un enfant, effectivement un enfant – Luka Modersohn, le fils du voisin, avec son père, Hans, dans le bateau ! « Notre pêcheur se hâta vers la barque. Il n’en revenait pas.  « Hans, d’où viens-tu ? » Il tituba, puis tomba dans le bateau. Le voisin expliqua : « Mon garçon a cherché des crevettes sur la plage, et là, à l’aube, il a découvert quelque chose d’insolite, dans le lointain, sur le banc de sable. Cela pouvait presque être un homme, m’a-t-il dit. Nous avons regardé avec les jumelles et avons vu qu’il y avait là quelqu’un en détresse, puis nous sommes allés chercher notre bateau. »

Le pêcheur Johannsen attira alors le garçon vers lui, et fit une chose qu’il n’avait encore jamais faite à ce jour : Il embrassa l’enfant encore et encore, sur ses cheveux blonds. Cela fut même désagréable au garçon. Johannsen balbutiait sans cesse : « Un enfant est venu pour m’aider. Sans cet enfant, je serais mort d’une mort atroce. Un enfant comme sauveur … !!! »

      Après voir atteint le rivage, il serra fermement la main du garçon et, plein de reconnaissance, tapa sur l’épaule de son papa – et offrit sa montre au garçon tout étonné. Puis il alla rapidement à sa hutte. Il ne voulait pas que le père et son fils découvrent sa grande émotion !

      Il ferma la porte derrière lui ; maintenant, il ne désirait plus qu’une chose : être seul avec quelqu’un d’Autre et sans être dérangé. Il voulait à présent fêter encore une fois Noël, mais de la bonne manière cette fois-ci – avec son Sauveur, l’enfant de la crèche !


(Traduit et transmis par Dorothée Hatzakortzian)

×