ANECDOTES POUR MIEUX COMPRENDRE L'EVANGILE

Récit émouvant d'un prisonnier roumain

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J'étais en prison, gravement malade ; à mes côtés se trouvait un pasteur du nom de Iscu. Il avait été sauvage­ment frappé et torturé pour sa foi. Il était à l'agonie, et cependant il était calme. Iscu était à ma droite. Couché à ma gauche, il y avait l'homme qui l'avait torturé à mort et que ses camarades avaient plus tard arrêté et mal­traité. Il était lui aussi sur le point de mourir.
Une nuit, il se réveilla et interpella Iscu : "S'il te plaît, pasteur, dis une prière en ma faveur ; les crimes que j'ai commis sont si atroces que je n'arrive pas à mourir". Iscu, lui-même très souffrant, appela deux autres prisonniers, s'appuya sur eux, passa près de mon lit, s'assit sur le bord de la couche de son bourreau et lui caressa la tête.

C'était un spectacle extraordinaire. Je n'oublierai jamais cette scène, ce geste d'amour envers un homme qui l'avait frappé si brutalement et qui était responsable de sa mort prochaine. À son geste, il ajouta : "Je vous ai par­donné de tout mon cœur, je vous aime. Mais Jésus, le Fils de Dieu, lui, l'amour incarné, vous aime et peut, lui seul, effacer vos péchés pour toujours. Allez vers lui, il vous attend patiemment. Il désire aussi vous pardonner. Il faut simplement que vous vous repentiez".

Dans cette cellule de prison, j'ai été témoin des confessions de bourreaux avouant tous leurs  meurtres devant Dieu et de­vant celui qu'il avait torturé. Ils prièrent ensemble et s'embrassèrent. Le pasteur retourna péniblement à son lit. Ils moururent la même nuit, en paix avec leur Sau­veur.         

R. Wurmbrand
La leçon du lépreux

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Témoignage d'un jeune missionnaire

 Nous, à Madagascar, nous avons peut-être de grandes joies. Mais il y a aussi des moments de découragement, lorsqu'on a le paludisme, ou lorsqu'on a des coups durs et que rien ne va plus.
Ce jour-là, j'étais justement dé­couragé. Arrivé à l'église, j'ai commencé à prier : "Pour­quoi permets-tu cela ? Pourquoi ce découragement ? Pourquoi cette mauvaise santé ? Moi qui ai tout donné..."
Soudain, un lépreux entra. Il était aveugle, et pour se déplacer, il était obligé de se traîner sur les genoux. Arrivé près de moi, se croyant seul lui aussi, il se mit à prier à voix forte. Et c'était une prière de louange, une prière d'actions de grâces, une prière merveilleuse.

Je ne sais plus tout ce qu'il a dit. Mais ce que j'ai retenu, c'est ceci : "Je te remercie pour tout ce que tu as fait pour moi durant ma vie. Je te remercie même pour cette maladie. Si je n'étais pas devenu lépreux, je serais resté dans ma brousse. J'aurais probablement été un homme riche, puisque je possède des zébus et des rizières. Mais je ne t'aurais jamais connu. À cause de cette maladie, j'ai abouti ici à la léproserie. Et c'est là que j'ai appris à te connaître. Et te connaître vaut plus que tout le reste. Aussi je te remercie pour tout, même pour cette mala­die."

J'en avais le souffle coupé. Je me suis mis à pleurer. Et à voix basse j'ai conclu ma prière : "Pardonne-moi, mon Dieu. Plus jamais je ne murmurerai contre toi".